Une centaine d’organisations dénoncent les violences contre les personnes migrantes à Ceuta
Communiqué conjoint à l’initiative de Border resistance et d’activistes indépendant·es à Ceuta
Migreurop est co-signataire de ce communiqué qui dénonce les violations de droits exercées par les États espagnol et marocain contre les personnes exilées à Ceuta. Le travail de documentation réalisé par l’équipe de Border Resistance et des activistes grâce au travail des sections de Tétouan, Fnideq et Nador de l’Association Marocaine des Droits Humains (AMDH) met en lumière un schéma de violence physique et psychologique systématique. Le texte souligne la dimension raciste et genrée de ces violences et montre qu’elles s’inscrivent dans un contexte de tensions frontalières entre le Maroc et l’Espagne qui est le fruit d’une situation coloniale et de décennies de politiques d’externalisation.
Nous publions ce communiqué pour documenter et dénoncer une série de violations des droits humains interconnectées qui révèlent, dans leur ensemble, une politique systématique menée par les États espagnol et marocain et par l’Union européenne. Celle-ci transforme les personnes migrantes en monnaie d’échange dans un conflit politique et économique, tout en exerçant une violence directe et systématique sur les corps des personnes particulièrement exposées à la violence institutionnelle et frontalière : les personnes rendues vulnérables par les politiques migratoires et le racisme institutionnel, les personnes migrantes, les demandeurs et demandeuses d’asile, les mineurs, ainsi que les personnes du collectif LGBTIQ+, parmi les groupes les plus exposés à cette violence. Les personnes qui se déplacent ne sont pas des instruments politiques des États : elles ont leurs propres motifs, besoins, attentes et décisions, qui doivent être écoutés.
La mobilité humaine ne naît pas des frontières ni des politiques qui cherchent à la réguler. Les personnes se déplacent déjà, prennent des décisions et construisent leurs propres trajectoires avant de rencontrer les dispositifs frontaliers qui tentent de limiter ces mouvements. La frontière ne produit pas le mouvement : elle est construite précisément pour le contenir.
Cette crise se déroule dans un contexte de plusieurs décennies de politiques d’externalisation des frontières européennes, à travers lesquelles l’Espagne et l’Union européenne financent, équipent et forment depuis des années des forces de sécurité au Maroc, en Mauritanie, au Sénégal et au Maliet la Tunisie et la Libye, notamment par la remise de centaines de véhicules, de drones et d’embarcations, dans le but d’empêcher l’arrivée de personnes migrantes sur le territoire européen. Les États tentent d’instrumentaliser et de gouverner la mobilité humaine comme mécanisme de pression géopolitique, mais les personnes migrantes ne sont pas des instruments passifs.
Ce qui s’est produit ne peut pas non plus être compris en dehors de l’histoire coloniale de l’Espagne en Afrique du Nord et au Sahara occidental. Ceuta et Melilla sont des frontières traversées par des relations coloniales, des disputes territoriales et des hiérarchies raciales qui organisent qui peut circuler et qui est soumis au contrôle, à l’expulsion ou à la violence. Cette frontière porte dans sa mémoire plusieurs événements survenus les années précédentes qui démontrent qu’il ne s’agit pas d’un cas isolé, par exemple les morts de 2005, de Tarajal en 2014, et les renvois illégaux de mineurs en 2021.
Ce modèle a montré à plusieurs reprises sa contradiction fondamentale : en mai 2021, plus de 10 000 personnes sont entrées à Ceuta après l’accueil par l’Espagne du dirigeant du Front Polisario, Brahim Ghali. Selon divers rapports publiés en lien avec ces faits, une ouverture délibérée de la frontière par le Maroc a été décrite comme une stratégie de pression liée au dossier du Sahara occidental. Cette crise a provoqué la destitution de la ministre espagnole des Affaires étrangères, Arancha González Laya. Le 24 juin 2022, à la frontière de Melilla, s’est produit un massacre sanglant qui a coûté la vie à au moins 27 personnes et a laissé près de 70 personnes disparues.
Il convient également de signaler que les îles Canaries ont accueilli à elles seules 23 000 personnes migrantes en 2020, selon des chiffres officiels, la plupart en provenance des côtes du Sahara occidental, lors de l’une des périodes de plus fortes arrivées de personnes migrantes par voie maritime vers les îles. À ce contexte s’ajoute un conflit économique et stratégique croissant autour du « Mont Tropic », un mont sous-marin situé à environ 499 kilomètres de l’île d’El Hierro, qui recèle des tonnes de tellure, ainsi que du cobalt, du nickel et du lithium, des minéraux stratégiques essentiels au développement des technologies vertes et à la transition énergétique. En 2009, le Maroc a présenté une demande d’extension de son plateau continental afin d’y inclure ce mont, et l’Espagne a répondu en 2014 par une demande similaire fondée sur le prolongement naturel des îles Canaries. Par la suite, en 2020, le Maroc a étendu ses eaux territoriales au moyen de deux lois parlementaires que Madrid a interprétées comme une ingérence dans sa souveraineté. Le dossier est revenu avec force sur le devant de la scène en novembre-décembre 2025, après la résolution 2797 du Conseil de sécurité relative au Sahara occidental, qui a renforcé la position de négociation marocaine au niveau international et ravivé les craintes espagnoles de perdre le contrôle de ces ressources.
Dans ce climat de tension, l’Espagne a adopté une série de décisions antérieures à juillet 2026 : une régularisation extraordinaire et collective de la situation de milliers de personnes migrantes en situation administrative irrégulière, réclamée depuis des années par le mouvement migrant et antiraciste ; la visite du président du gouvernement, Pedro Sánchez, en Algérie, qui a normalisé les relations bilatérales après des années de tension, après que l’Espagne eut changé de position en 2023 pour soutenir le plan d’autonomie marocain au Sahara occidental, et la ratification par le Parlement espagnol d’une loi visant à accorder la nationalité espagnole aux personnes sahraouies nées sous l’administration espagnole, dont le nombre de bénéficiaires potentiels est estimé entre 80 000 et 200 000 personnes. Il convient également de signaler que les investissements chinois en Espagne sont passés de 249 millions d’euros en 2024 à près de 643 millions d’euros en 2025, une donnée mentionnée comme facteur supplémentaire dans les calculs des grandes puissances autour de la région, qui s’ajoute au fait que l’Algérie est le principal fournisseur de gaz de l’Espagne.
Dans ce même contexte, coïncidant avec la Fête du Trône du Royaume du Maroc, s’est produit, les 30 et 31 juillet 2026, un épisode extraordinaire d’arrivée de 50 000 à 70 000 personnes, majoritairement marocaines, ainsi qu’une minorité provenant de pays tels que le Soudan, le Yémen, la République des Comores, le Togo, le Niger, le Cameroun, l’Éthiopie, l’Égypte, la République centrafricaine, la Somalie, la Palestine, le Tchad, le Burkina Faso, la Guinée, la Côte d’Ivoire, le Mali, l’Érythrée, le Soudan du Sud, la Syrie, le Bénin, etc., vers Ceuta. Cette arrivée a fait plus de 120 morts, pour la plupart de jeunes Marocains et de mineurs marocains.
L’incident a été précédé de publications sur Facebook et d’autres plateformes, dont l’origine reste officiellement inconnue, qui ont incité spécifiquement les Marocains, et non les personnes d’autres nationalités, à se diriger vers Ceuta, en affirmant faussement que la frontière était ouverte.
Contrairement à la tolérance observée dans le cas de Ceuta, une intervention violente des autorités marocaines a été enregistrée dans la zone frontalière de Beni Ansar-Melilla, ce qui révèle deux modèles différents de gestion dans le cadre des négociations avec l’Union européenne et l’Espagne : le modèle de Melilla et le modèle de Ceuta.
Nous ne sommes donc pas face à une « crise migratoire » : les personnes qui migrent ne sont pas la crise. La crise est politique et découle d’un régime de frontières qui détermine quelles vies comptent, qui peut se déplacer en sécurité et qui doit risquer sa vie pour le faire. Nous dénonçons donc aussi l’islamophobie et le racisme anti-Noir·es qui traversent ce régime de frontières. La construction raciale et coloniale du « Maure-musulman » comme menace, ainsi que la criminalisation des personnes noires africaines, alimentent des discours d’« invasion » et de « dangerosité » qui préparent le terrain à la violation de tout droit, à la persécution et au contrôle.
Ce communiqué s’appuie sur des dizaines de témoignages directs de victimes migrantes, parmi lesquelles des demandeurs et demandeuses d’asile, des mineurs et des personnes du collectif LGBTIQ+. Dans leur ensemble, ces témoignages documentent un schéma de violence physique et psychologique systématique et délibérée que nous exposons ci-après.
Les témoignages recueillis auprès de personnes queer révèlent une violence physique d’une intensité particulière, aggravée par le rejet de leur identité de genre. Plusieurs décrivent avoir reçu des coups de poing et des coups de matraque au visage, jusqu’au gonflement de l’œil, puis des coups portés avec des objets contondants, des coups de pied dans la poitrine et des coups sur les mains, jusqu’à les laisser meurtries et brûlantes. Ces agressions surviennent souvent après leur expulsion des centres d’accueil, les obligeant à dormir dans la rue sans aucune protection. Plusieurs témoignent que le simple fait d’être visiblement queer les expose à une violence redoublée dans l’espace public, où personne n’ose intervenir, et qu’elles ne peuvent, contrairement à d’autres personnes, se réfugier nulle part sans redevenir la cible d’attaques.
La violence la plus intense se produit à l’aube, entre 2 h et 4 h 30 du matin, lorsque les forces de l’ordre font irruption soudainement et sans avertissement dans les lieux où dorment les personnes. La nuit, en général, des patrouilles arrivent en voiture, au milieu de cris et d’insultes constantes. Pendant la journée, la violence est relativement moins intense, mais elle ne disparaît pas : cris, insultes et poursuites se poursuivent, et la violence reprend immédiatement dès que les victimes s’éloignent des volontaires ou des journalistes qui les accompagnent. Les personnes endormies sont réveillées par des coups de matraque directs, ou d’abord par une lampe torche, puis par la matraque. On leur donne des coups de pied avec de lourdes bottes de combat ; les lieux où elles dorment sont encerclés par un grand nombre d’agents ; il est ordonné aux victimes de se lever et de partir immédiatement (« Dehors »), celles qui n’obéissent pas étant frappées ; et leurs affaires sont détruites ou endommagées (matelas, cartons, bagages).
Les témoignages décrivent un schéma presque uniforme et délibéré : des coups à la tête d’une intensité relativement moindre par rapport à ceux portés aux jambes, qui reçoivent des coups beaucoup plus violents, ce qui suggère, selon les témoignages, un schéma calculé pour causer des dommages physiques graves tout en évitant des blessures mortelles immédiatement visibles. À cela s’ajoutent des coups à l’estomac, au ventre et au dos, laissant des marques cutanées évidentes ; des coups directs au visage (coups de poing et coups de pied, y compris des blessures autour des yeux) ; des coups délibérés dans la zone pubienne et sur les organes génitaux ; ainsi que des fractures ou des blessures aux mains et aux poignets allant jusqu’à en immobiliser le mouvement.
Dans certains cas, des personnes ne sachant pas nager auraient été forcées d’entrer dans l’eau sous la menace. Les patrouilles auraient poursuivi celles qui tentaient de fuir à la nage et auraient tenté de les noyer, selon le témoignage direct d’une personne. Celle-ci aurait été maintenue dans l’eau, puis retirée afin que les coups reprennent alors qu’elle était entièrement trempée. Des groupes entiers auraient également été obligés d’entrer dans l’eau avant d’être piétinés alors qu’ils y étaient allongés.
Des membres de la population locale aspergent de gaz lacrymogène directement les yeux comme outil de torture individuelle, parfois après avoir attiré la victime sous prétexte de « lui offrir de l’aide », avant de s’enfuir immédiatement après l’avoir aspergée. Les téléphones portables et les écouteurs de rechange sont confisqués de manière systématique, en particulier lors des rafles nocturnes, et l’argent liquide est directement soustrait des poches sous la menace de coups. Certains témoins distinguent ce vol « officiel » du vol commis par des « voleurs de rue » ordinaires, comme deux sources distinctes.
Les témoignages décrivent également des blessures graves diagnostiquées comme de simples « spasmes musculaires », sans examen réel ; le refus, par des cliniques et des hôpitaux, de soigner des blessures infectées ; ainsi que des refus de soins sans aucune justification médicale claire.
Plusieurs témoins signalent également le recours à des agents capables de communiquer en darija lors des interventions. Cette pratique, selon les personnes interrogées, accroissait l’intimidation et la peur en leur permettant de s’adresser directement à elles dans leur propre langue et d’utiliser cette connaissance dans le cadre des menaces, agressions et tortures subies.
Les violences documentées à travers ces témoignages ne peuvent pas être comprises de manière isolée. Elles s’inscrivent dans un contexte plus large de contrôle et de criminalisation des personnes qui ont tenté de traverser la frontière et de celles qui ont participé aux mobilisations ultérieures. Cette crise s’est étendue jusqu’à toucher des jeunes Marocains poursuivis pour des chefs d’accusation liés à cette même tentative de traversée.
Dans la région de Fnideq-Tétouan, les autorités ont arrêté, la nuit de la traversée massive, neuf personnes, dont cinq mineurs, dans le contexte des troubles qu’a connus la ville de Fnideq. Les adultes ont été incarcérés dans la prison locale de Tétouan et les mineurs transférés au centre de protection de l’enfance de Temara. Le chiffre a rapidement augmenté jusqu’à atteindre un total de 69 personnes détenues. Trente d’entre elles ont été jugées et condamnées à des peines allant d’un an à deux mois de prison ferme, tandis que sept autres ont été jugées spécifiquement pour le chef d’incitation. La section de l’Association Marocaine des Droits Humains à Tétouan dénonçait la gravité de l’absence de défense pendant ces procès, ce qu’elle considère comme une violation flagrante des garanties d’un procès équitable.
Quant aux chauffeurs de taxi, ils ont été jugés en appel et condamnés à des peines avec sursis et à des amendes. Dans le contexte des événements de Ceuta, 69 personnes ont été arrêtées, toutes jugées en liberté. Les procédures judiciaires se sont déroulées en l’absence de la défense, ce qui constitue une grave atteinte aux garanties fondamentales d’un procès équitable.
En ce qui concerne les personnes décédées, selon une déclaration de l’Association Marocaine des Droits Humains (AMDH), plus de 11 corps ont été récupérés du côté marocain au cours de la première semaine des événements, puis remis à leurs familles pour leur inhumation. Plusieurs familles continuent de réclamer les corps de leurs enfants. Selon des déclarations des autorités espagnoles, le Maroc a refusé de recevoir certains des corps, bien que six d’entre eux aient été identifiés grâce aux empreintes digitales et à des tests ADN.
Parallèlement, dans la région de Nador-Beni Ansar, une vague de poursuites judiciaires a visé des personnes arrêtées dans le contexte des mêmes événements. Certaines ont été condamnées à des peines allant de quatre à six mois de prison ferme, en plus du paiement d’indemnisations collectives qui, dans l’un des cas, se sont élevées à 84 000 dirhams et ont été versées à la Direction Générale de la Sûreté Nationale.
Parmi les personnes arrêtées figuraient également des mineurs. Certains sont poursuivis devant le tribunal dans le cadre de procédures pénales, dont les audiences continuent d’être reportées en raison de l’absence de la défense, dans le contexte de la grève des avocats. Lors de l’audience du 10 août 2026, 50 prévenus répartis dans 13 dossiers ont comparu pour des chefs d’accusation liés à des insultes envers des fonctionnaires, à l’usage de la violence et à des dommages matériels.
Seuls 11 détenus ont été jugés en présentiel, tandis que les autres ont été jugés à distance, parmi lesquels deux jeunes filles détenues. Lors de sessions ultérieures devant le tribunal de première instance de Nador, le tribunal a prononcé des peines de prison ferme et des amendes de 500 dirhams contre plusieurs groupes.
Les violations ne se sont pas arrêtées aux arrestations et aux procès, puisqu’elles ont également inclus des opérations de renvoi immédiat de centaines de jeunes ayant réussi à atteindre Melilla. Ceux-ci ont été renvoyés par des portes semi-clandestines situées au milieu de la clôture frontalière, dans la zone de « Barrio Chino », dans des circonstances qui soulèvent des interrogations quant au respect des garanties légales et des droits humains liés aux opérations de renvoi.
Par la suite, des opérations d’expulsion de centaines de jeunes ont été menées. Ils ont été transférés de force vers des zones reculées et dispersées, juste avant d’arriver dans les villes (Guercif, Beni Mellal, Casablanca, Midelt, etc.), puis y ont été abandonnés en plein été, au milieu de fortes chaleurs et sans que leur soient fournies les conditions nécessaires de protection et d’assistance.
Cette violence n’a pas empêché les personnes migrantes de développer des formes d’organisation et de résistance. La résistance commence dans le mouvement, dans la décision de quitter le lieu qui leur a été assigné, malgré les frontières et les dispositifs destinés à l’empêcher.
Nous avons été témoins de formes de résistance dans les pratiques quotidiennes de survie : partager des informations sur les itinéraires ; secourir ou prendre soin d’une personne blessée ; partager de la nourriture ou des médicaments ; traduire ; protéger les affaires d’autres personnes ; organiser des tours de garde pour dormir afin de rester en sécurité ; transmettre des expériences et des conseils à d’autres personnes ; mémoriser un numéro de téléphone ou une information importante afin qu’elle ne soit pas perdue si leurs téléphones sont cassés ; ou reconstruire les réseaux dispersés par les rafles policières et militaires.
La résistance se manifeste également dans la création d’alliances avec d’autres personnes ; dans la conservation de preuves et la dénonciation des violences subies ; dans l’organisation collective et la revendication de droits, même lorsque les institutions bloquent ou empêchent leur exercice ; dans le maintien de réseaux de communication et de soutien à distance ; et dans la construction de formes de solidarité et d’organisation quotidienne qui permettent de soutenir collectivement la possibilité de continuer à résister.
Nous exigeons :
- L’ouverture d’une enquête internationale indépendante et impartiale sur toutes les violations des droits humains survenues à Ceuta et Melilla, du côté espagnol comme du côté marocain, comprenant le recueil de témoignages directs des victimes et la réalisation d’un examen médical indépendant des blessures.
- La révélation immédiate et transparente de l’identité et du nombre des victimes et des personnes disparues, ainsi que la communication de ces informations à leurs familles. Nous exigeons également la remise des corps des personnes identifiées à leurs proches, afin de permettre leur inhumation et un deuil digne.
- La cessation immédiate de toutes les formes de passages à tabac systématiques, de l’obligation faite aux personnes d’entrer dans la mer et de la confiscation de leurs effets personnels, menées par les autorités publiques à Ceuta.
- Une protection spéciale et immédiate pour les personnes du collectif LGBTIQ+ et pour les mineurs, incluant l’attribution de centres d’accueil spécifiques.
- La garantie d’un procès équitable et du droit à la défense pour tous les jeunes détenus à Tétouan et à Nador, la révision des peines sévères prononcées en l’absence de défense et la libération des mineurs détenus.
- Que toute instrumentalisation des êtres humains comme outil de pression politique dans le cadre d’accords ou de tensions diplomatiques entre Rabat et Madrid fasse l’objet de comptes et de responsabilités.
- Que les institutions européennes et internationales — Organisation des Nations unies, Conseil de l’Europe, HCR, Rapporteurs spéciaux de l’ONU — exercent pleinement leurs mandats afin de demander des comptes à l’Espagne, au Maroc et à l’Union européenne, en fonction de leurs actions, de leurs compétences et de leurs responsabilités politiques respectives.
- La garantie de la continuité de la distribution de nourriture et d’eau, ainsi que de l’assistance médicale et psychologique, à toutes les personnes se trouvant à Ceuta.
- Une protection effective pour les activistes, les volontaires, les journalistes et la population locale solidaire face aux menaces et aux agressions, ainsi que l’ouverture d’une enquête sur la fuite de données ayant affecté leurs données personnelles.
- L’ouverture d’une enquête indépendante sur l’origine des publications incitatives qui ont précédé les événements du 30 juillet et l’établissement des responsabilités des plateformes numériques ayant permis leur diffusion sans contrôle.
- L’ouverture des enquêtes judiciaires nécessaires contre tous les appels et agressions racistes émis par plusieurs parties, directement ou indirectement, y compris sur les réseaux sociaux, contre les migrants à Ceuta.
- La publication d’un rapport public périodique présentant les chiffres des personnes décédées, blessées et détenues, régulièrement mis à jour et vérifiable par des parties indépendantes, plutôt que de se limiter à des données dispersées et officieuses.
- Garantir une protection effective des femmes, en particulier des mineures non accompagnées, ainsi qu’une enquête sérieuse et indépendante sur toutes les agressions sexuelles et violations commises à leur encontre, de demander des comptes aux responsables et de garantir le droit des victimes à la justice, à la protection et à une prise en charge sanitaire, psychologique et sociale, tout en mettant en place des mécanismes sûrs de signalement des violations.
Deciphering European migration policies