« Frontière » : une exposition à la croisée des approches géographiques et sensibles

Le travail des membres de Migreurop mis à l’honneur à la Cité des Sciences (Paris).

L’exposition "Frontière" a ouvert ses portes le 14 avril 2026 à la Cité des Sciences et de l’Industrie (Paris, porte de La Villette). L’exposition met en lumière l’impact de cet objet artificiel sur le monde réel et nos sociétés à partir d’exemples concrets dans différents espaces à travers la planète. Zone de tri et de contrôle, de ressources ou d’inégalités, lieux de coopération et d’échanges, de conflit ou de refuge, les frontières transforment la réalité et structurent le monde contemporain.

En suivant un parcours à travers une dizaine d’îlots, les visiteur·euse·s découvrent plusieurs zones-frontières à travers le monde, embarquant ainsi dans un voyage multisensoriel à travers les époques et les continents.

Dans chacun des espaces-frontières représentés, les visiteur·euse·s sont plongé·e·s dans un des multiples aspects des frontières contemporaines : les déplacements forcés, la mort aux frontières, l’extractivisme minier, la violence des réseaux de trafics, les migrations journalières liées au travail transfrontalier, les camps humanitaires, les rapports de genre, etc.

L’exposition donne à voir et à entendre, à travers des créations artistiques qui allient différents médiums (installations, vidéos, jeux pédagogiques, témoignages audio), la dimension sensible de l’expérience frontalière, à partir du regard porté sur ces espaces par les géographes et les sciences sociales.

Plusieurs travaux des membres de Migreurop y sont exposés : d’abord la carte des camps de Migreurop, est projetée sur une tente grandeur nature symbolisant la frontière humanitaire.

On y retrouve aussi une installation mettant en scène la contre-enquête sur la mort de Blessing Matthew (une jeune femme nigériane décédée à la frontière franco-italienne), réalisée par Charles Heller, Cristina Del Biaggio (membres du réseau) et Sarah Bachellerie (co-coordinatrice du réseau).

Le travail de l’anthropologue Karen Akoka, membre individuelle du réseau, est également mis en valeur à travers un dispositif cinématographique qui théâtralise et visualise la parole des chercheur·euse·s.

Les cartes dessinées de Philippe Rekacewicz, collaborateur régulier de Migreurop, sont également mises à l’honneur. Enfin, la base de données UNITED sur les mort·e·s et disparu·e·s, à laquelle contribuent de nombreux membres individuels et associatifs, est mise en valeur à travers des stèles immenses qui rendent hommage aux personnes en migration mortes et disparues.

L’exposition reprend les thèmes et analyses chères à Migreurop et met en en valeur la complémentarité des regard des scientifiques, anthropologues, penseur·euse·s, artistes, citoyen·ne·s, personnes en migration, qui interrogent les limites, les inégalités et les liens entre les peuples.

Une exposition à la fois pédagogique et sensible, qu’il est possible de visiter jusqu’en janvier 2028.
Retrouvez ici le lien vers le site de l’exposition.