Mourir aux portes de l’Europe

Mise à jour de la carte de Migreurop, par Nicolas Lambert.

Entre le 1er janvier 1993 et le 3 avril 2026, 76 000 personnes sont mortes en migration en tentant de rejoindre l’Europe. Noyades, asphyxies, accidents, écrasements, empoisonnements, explosions sur des champs de mines, morts de faim, de soif, d’épuisement, absence de soins médicaux ou encore violences policières, autant de tragédies humaines qui sont le fruit des politiques migratoires répressives.

Dans cet article publié sur le site "Neocarto" le 3 avril 2026, le géographe et cartographe Nicolas Lambert propose une version systématiquement mise à jour et téléchargeable de la carte des mort·e·s aux frontières de Migreurop. Il expose également de façon pédagogique le processus de cartographie, ainsi que toutes les questions et choix de visualisations qui se posent au cartographe.

Carte des mort·e·s aux frontières de Migreurop : mise à jour 2026
Nicolas Lambert, 2026

Les données utilisées pour construire cette carte sont issues de 3 sources de données. Les données de 1993 à 1999 sont issues de l’association UNITED for Intercultural Action, une organisation européenne de solidarité avec les migrants. Les données de 2000 à 2013 sont issues du projet de data journalisme " The Migrants Files", une initiative journalistique qui a collecté des données sur les morts de migrants à travers le monde. Enfin, les données de 2014 à aujourd’hui sont issues de l’Organisation Internationale pour les Migrations (OIM), qui collecte des données sur les morts de migrants à travers le monde.

La première carte des mort·e·s aux frontières a été conçue et produite par Olivier Clochard dans les années 2000-2002, et publiée en 2003 dans un numéro des Cahiers d’Outre-Mer (voir). Elle a ensuite été retravaillée et mise à jour avec Philippe Rekacewicz, pour une publication dans le Monde Diplomatique en 2006 (voir). Puis, elle a été retravaillée et mise à jour à nouveau à plusieurs reprises par le réseau Migreurop (voir).

La nouvelle version présentée ici présente l’avantage d’être systématiquement mise à jour, avec des données actualisées au fur et à mesure (voir la carte à la fin de l’article). Elle est téléchargeable depuis le site neocarto au format .svg et .png.

L’article de Nicolas Lambert propose aussi une présentation très pédagogique des procédés méthodologiques qui ont permis de construire la carte à partir des données disponibles. Il expose les différentes opérations réalisées pour nettoyer et agréger les données, et présente différentes méthodes de visualisation.

L’affichage interactif permet de visualiser les données de différentes manières, en faisant varier le niveau de détail de la carte et en produisant des effets visuels différents.

Il permet également de sélectionner la temporalité sur laquelle on souhaite obtenir les données.

Nous vous invitons à lire cet article très instructif et pédagogique qui permet, en plus d’avoir accès à des données actualisées sur les mort·e·s en migration, d’entrer dans les coulisses de la cartographie.