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	<title>MIGREUROP</title>
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	<description>Migreurop est un r&#233;seau europ&#233;en et africain de militant&#183;e&#183;s et chercheur&#183;euse&#183;s dont l'objectif est de faire conna&#238;tre et de lutter contre la g&#233;n&#233;ralisation de l'enfermement des &#233;trangers et la multiplication des camps, dispositif au c&#339;ur de la politique d'externalisation de l'Union europ&#233;enne.</description>
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		<title>MIGREUROP</title>
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		<title>La d&#233;localisation du traitement de l'asile et les centres d'accueil de r&#233;fugi&#233;s hors de l'UE</title>
		<link>http://migreurop.org/article903.html</link>
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		<dc:date>2005-07-01T16:09:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Adrien Ab&#233;cassis</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;Il est n&#233;cessaire, afin de tenter de rendre le droit efficace en ce domaine, et apr&#232;s avoir rappel&#233; l'&#233;tat du d&#233;bat et des projets, de les replacer dans le cadre juridique des normes applicables aux Etats europ&#233;ens et notamment de la Convention Europ&#233;enne des Droits de l'Homme (CEDH), qui para&#238;t le plus pertinent des textes de protection des droits fondamentaux.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="http://migreurop.org/rubrique466.html" rel="directory"&gt;Archives&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La logique d'enfermement des migrants &#224; l'oeuvre dans les pays europ&#233;ens est un ph&#233;nom&#232;ne qui reste relativement peu comment&#233; par rapport &#224; son influence sur les d&#233;cisions et les d&#233;bats publics. Cette logique de s&#233;paration et de mise &#224; l'&#233;cart rejoint les analyses de Foucault : de nouvelles modalit&#233;s de contr&#244;le des masses par l'enfermement d'une population &#171; d&#233;viante &#187; qui la s&#233;pare d'une population &#171; saine &#187;. La m&#234;me logique s'applique dor&#233;navant aussi aux demandeurs d'asile : l'enfermement des &#233;trangers pratiqu&#233; aujourd'hui en Europe est moins destin&#233; &#224; sanctionner qu'&#224; communiquer sur la ma&#238;trise des &#171; flux de population immigr&#233;e &#187;, le terme m&#234;me de flux traduisant bien la d&#233;personnalisation et la technicisation de l'appr&#233;hension politique du ph&#233;nom&#232;ne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;surgence de la notion de &#171; camps &#187; tout autant que sa contestation est &#224; ce titre symptomatique d'une logique qui refuse de nommer sa r&#233;alisation : on pr&#233;f&#232;re parler de centres, d'accueil temporaire, de lieu d'orientation. &#171; L'emploi adoucissant de ces termes vise &#224; diluer au sein des d&#233;mocraties de l'Union europ&#233;enne des r&#233;alit&#233;s trop choquantes ; comme si la volont&#233; de ceux qui baptisent ainsi ces espaces cherchaient &#224; masquer leur irruption dans l'espace public. Si la notion de &#171; camps d'&#233;trangers &#187; pr&#234;te indubitablement &#224; la discussion en &#233;cartant l'euph&#233;misation ambiante li&#233;e &#224; ces espaces physiques, elle permet &#233;galement de mieux montrer les diverses situations d'enfermement des &#233;trangers au tournant du XX&#232;me et du XXI&#232;me si&#232;cle &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Olivier Clochard, Yvan Gastaut et Ralph Schor, &#171; Les camps d'&#233;trangers (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette &#171; organisation administrative du rejet de l'Autre &#187; tend de plus en plus &#224; se traduire par une double mise &#224; l'&#233;cart : non plus dans des lieux d'enfermement &#224; l'int&#233;rieur de l'Europe, mais dans des camps &#224; l'ext&#233;rieur de ses fronti&#232;res, donc &#224; la fois &#224; l'&#233;cart de l'Europe et &#224; l'&#233;cart au sein des pays frontaliers. La &#171; politique commune d'asile et d'immigration &#187; pr&#233;vue par les trait&#233;s s'oriente de plus en plus vers ce type de sous-traitance aux Etats frontaliers du contr&#244;le des entr&#233;es vers l'Union europ&#233;enne. Or l'appr&#233;hension juridique de ces ph&#233;nom&#232;nes s'av&#232;re bien d&#233;licate, le droit ayant toujours eu du mal &#224; trouver une application claire sur des terrains mouvants et bien peu d&#233;finis. Il est donc n&#233;cessaire afin de tenter de rendre le droit efficace en ce domaine, et apr&#232;s avoir rappel&#233; l'&#233;tat du d&#233;bat et des projets, de les replacer dans le cadre juridique des normes applicables aux Etats europ&#233;ens et notamment de la Convention Europ&#233;enne des Droits de l'Homme (CEDH), qui para&#238;t le plus pertinent des textes de protection des droits fondamentaux.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1 - Projets et pratique de l'externalisation de l'asile en Europe&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;localisation du traitement de l'asile hors de l'Union Europ&#233;enne s'appuie sur la cr&#233;ation d'un syst&#232;me de camps dans les pays frontaliers. Cependant cette id&#233;e peut recouper des r&#233;alit&#233;s diff&#233;rentes r&#233;pondant &#224; des fonctions distinctes, qu'il convient de diff&#233;rencier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;1.1 - Le syst&#232;me de &#171; camps &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut faire une premi&#232;re distinction entre deux grandes cat&#233;gories de camps &#224; partir des syst&#232;mes d'enfermement qui existent d&#233;j&#224; dans les pays europ&#233;ens. La premi&#232;re cat&#233;gorie regroupe les migrants avant ou pendant que leur demande d'asile est examin&#233;e. Un cas typique de centre d'enfermement de ce type est le syst&#232;me de zones d'attentes, notamment (mais pas que) dans les grands a&#233;roports fran&#231;ais. Les &#233;trangers sans visa y sont imm&#233;diatement enferm&#233;s, le temps de juger si leur demande d'asile est &#171; manifestement infond&#233;e &#187; ou non, le but de cette construction &#233;tant de faciliter le renvoi des demandeurs d'asile d&#233;bout&#233;s&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;qui ne sont en fait pas r&#233;ellement &#171; d&#233;bout&#233;s &#187; car si leur demande d'asile (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, en les gardant sous surveillance. La deuxi&#232;me cat&#233;gorie de centres d'enfermement regroupe les &#233;trangers en instance d'expulsion. Il s'agit en France des &#171; centres de r&#233;tention administrative &#187;. En pratique, la France est un des seuls pays &#224; s&#233;parer physiquement ces fonctions : partout ailleurs, existent des centres accueillant &#224; la fois des &#233;trangers venant d'arriver pour d&#233;poser une demande d'asile, et les &#233;trangers en instance d'&#233;loignement du territoire. Pourtant, cette classification garde une pertinence pour diff&#233;rencier des fonctions fondamentalement diff&#233;rentes que peuvent assurer un m&#234;me centre d'enfermement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A cette typologie on pourrait ajouter une troisi&#232;me cat&#233;gorie de camps, plus informels, ceux de type Sangatte, pour continuer dans les exemples fran&#231;ais. Il ne s'agit pas de centres de r&#233;tention, ce sont au contraire des lieux &lt;i&gt;a priori&lt;/i&gt; ouverts, de simples endroits o&#249; se regroupent d'eux m&#234;me les migrants en situation irr&#233;guli&#232;re en attendant de pouvoir passer une fronti&#232;re. L'organisation de ces &#171; camps ouverts &#187; se fait peu &#224; peu, souvent due &#224; l'action des organisations non-&#233;tatiques ou para-&#233;tatiques (type Croix-Rouge).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;1.2 - Rapide revue de l'externalisation de l'asile en Europe&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les id&#233;es d'externalisation du traitement des demandes d'asile consistent &#224; &#171; d&#233;localiser &#187; tous ces types de camps hors des fronti&#232;res de l'UE. Le projet britannique&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Projet qui s'exprime &#224; travers deux principaux documents : un d'une (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, probablement le plus d&#233;taill&#233;, reprend l'id&#233;e des deux premiers types de camps. Il propose d'une part de cr&#233;er des &#171; Transit Processing Centers &#187; (TPC) vers lesquels seraient renvoy&#233;s les demandeurs d'asile arrivant en Europe pour qu'y soit examin&#233;e leur demande, sortes donc de zones d'attentes g&#233;antes et d&#233;localis&#233;es hors des fronti&#232;res europ&#233;ennes ; et d'autre part de s&#233;curiser des r&#233;gions afin d'en faire des &#171; zones de protection r&#233;gionale &#187;, vers lesquelles seraient renvoy&#233;s les demandeurs d'asile d&#233;bout&#233;s mais qui ne peuvent pour autant pas, pour une raison quelconque, rentrer dans leur pays. Il s'agit donc dans ce dernier cas d'une extension du concept de lieu temporaire avant le renvoi des demandeurs d'asile dans leur pays. Les centres de Ceuta et Melilla, o&#249; s'entassent les demandeurs d'asile ayant franchi la fronti&#232;re espagnole mais ne pouvant pas traverser le d&#233;troit de Gibraltar, les d&#233;bout&#233;s en attente d'expulsion et les mineurs non accompagn&#233;s, peuvent &#234;tre une pr&#233;figuration de ce syst&#232;me. La m&#234;me chose, mais quelques kilom&#232;tres plus loin, hors des fronti&#232;res europ&#233;ennes...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'id&#233;e ne tombe toutefois pas du ciel britannique : &#171; c'est une id&#233;e ancienne : en 1986, le Danemark avait tent&#233; de faire passer une proposition de ce type aux Nations Unies. En 1993, les Pays-Bas avaient &#224; leur tour &#233;voqu&#233; ce programme dans un plan intergouvernemental &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Daphn&#233; Bouteillet-Paquet, L'Europe et le droit d'asile, 2004, L'Harmattan&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. En outre elle a d&#233;j&#224; &#233;t&#233; mise en pratique respectivement par les Etats-Unis et par l'Australie. Les Etats-Unis ont inaugur&#233; d&#232;s 1994, en transformant la base militaire de Guantanamo en un tel centre : les demandeurs d'asile Ha&#239;tiens y &#233;taient redirig&#233;s afin que soit examin&#233;e hors des fronti&#232;res am&#233;ricaines leur demande. Puis l'Australie a tent&#233; la &#171; solution du pacifique &#187; en installant sur des micro-Etats alentours (notamment sur l'&#238;le de Nauru) des camps o&#249; seront renvoy&#233;s les demandeurs d'asile&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Il est &#224; noter que cette exp&#233;rience est cit&#233;e comme source directe (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Ce projet qui avait suscit&#233; un large toll&#233; a &#233;t&#233; un moment mis de c&#244;t&#233;, avant d'&#234;tre ressuscit&#233; plus discr&#232;tement par l'Allemagne et l'Italie au cours de l'&#233;t&#233; 2004&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pour une chronologie plus pr&#233;cise avec les d&#233;clarations politiques et tous (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parall&#232;lement &#224; ces deux propositions, s'est d&#233;velopp&#233;e beaucoup plus empiriquement des coop&#233;rations visant &#224; organiser et r&#233;guler les camps de type Sangatte qui se cr&#233;ent aux fronti&#232;res de l'Europe. L&#224; encore les tractations se sont focalis&#233;es sur le Maghreb, et notamment le Maroc, o&#249; un certain nombre de &#171; camps-tampons &#187; informels existent d&#233;j&#224;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Si les camps type Sangatte au Maroc sont les plus connus, notamment ceux de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Les n&#233;gociations avec l'Europe portent notamment sur le contr&#244;le et l'organisation de ces camps, via des structures internationales. R&#233;cemment, le Maroc a ainsi conclu un accord avec le HCR pour tenter de les organiser. Cette logique non plus n'est pas une nouveaut&#233;, et a elle aussi d&#233;j&#224; aboutie outre-atlantique : avec l'aide am&#233;ricaine, le Mexique vient ainsi d'ouvrir un &#171; centre pour &#233;migr&#233;s &#187; &#224; la fronti&#232;re qui &#171; aidera tous les Mexicains qui souhaitent remplir les conditions n&#233;cessaires pour entrer sur le territoire am&#233;ricain &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;D&#233;claration de Luis Ernesto Derbez, ministre mexicain des Affaires (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, en remplacement des campements peu ou pas organis&#233;s servant jusque l&#224; de tampon avant le passage de la fronti&#232;re. L'id&#233;e est &#233;vidente : si les pays frontaliers d&#233;veloppent des moyens suffisant d'accueil des demandeurs d'asile, le refus de l'Europe de les accueillir ou le renvoi vers ces zones frontali&#232;res y sera grandement facilit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;1.3 - Le probl&#232;me du droit applicable&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelles normes juridiques peuvent trouver &#224; s'appliquer &#224; l'&#233;tablissement et au fonctionnement de ces camps ? Si l'on s'int&#233;resse &#224; l'effectivit&#233; des d&#233;cisions, force est de constater que seules deux juridictions sont capables d'imposer leurs d&#233;cisions aux Etats (ou bien, selon le point de vue, les Etats n'acceptent d'appliquer que les d&#233;cisions venant de deux juridictions) : la Cour de Justice des Communaut&#233;s Europ&#233;ennes (CJCE) et la Cour Europ&#233;enne des Droits de l'Homme (CEDH).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le corpus juridique sur lequel se fondent les deux juridictions europ&#233;ennes est &#233;videmment diff&#233;rent. La CJCE notamment ne poss&#232;de pas dans son arsenal juridique de textes fondamentaux de protection des droits de l'homme. La Charte des Droits Fondamentaux ne poss&#232;de pour l'instant encore aucune valeur juridique, donc n'est invocable devant aucune juridiction, m&#234;me si certains de ses articles peuvent influencer la Cour sur l'interpr&#233;tation de dispositions codifi&#233;es ou sur la reconnaissance de principes g&#233;n&#233;raux du droit communautaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En outre, le droit d'asile y est trait&#233; de fa&#231;on presque &#171; subsidiaire &#187;. Certes, l'article 18 garanti le droit d'asile &#171; dans le respect des r&#232;gles de la convention de Gen&#232;ve &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Le droit d'asile est garanti dans le respect des r&#232;gles de la convention (&#8230;)&#034; id=&#034;nh9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Mais il le garantit aussi &#171; conform&#233;ment au trait&#233; instituant la Communaut&#233; europ&#233;enne &#187;, qui lui ne parle jamais de droit d'asile (tout au mieux de gestion de flux), brouillant ainsi le fondement m&#234;me de ce droit. De plus, si dans quelques mois cette disposition acqu&#233;rait une valeur juridique, seront &#233;galement promue celles pr&#233;cisant que ce droit s'exerce dans les conditions et limites des politiques europ&#233;ennes (et non l'inverse !), et notamment de la &#171; gestion efficace des flux migratoires &#187;, pr&#233;sent&#233;e comme une priorit&#233;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Sur la question, voir Claire Rodier et Emmanuel Blanchard, &#171; Les &#233;trangers (&#8230;)&#034; id=&#034;nh10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. D&#232;s lors, avant m&#234;me d'invoquer cet article, il faut supposer que la Cour acceptera de remettre la hi&#233;rarchie &#224; l'endroit en faisant pr&#233;valoir effectivement la Charte sur une politique communautaire malgr&#233; son inscription dans l'article 18.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La convention de Gen&#232;ve sur les r&#233;fugi&#233;s de 1951 &#224; laquelle l'article 18 de la Charte fait r&#233;f&#233;rence est par ailleurs une base juridique instable pour contester ces projets. Les r&#233;dacteurs de 1951 n'ayant &#233;videmment pas pr&#233;vu cette possibilit&#233;, il faut se reporter &#224; des dispositions incidentes. En outre, il n'existe aucun m&#233;canisme de contr&#244;le de la fa&#231;on dont les Etats s'acquittent des obligations de la convention, pas plus qu'une quelconque ouverture de recours individuel devant une instance internationale ni aucune possibilit&#233; pour une juridiction nationale de renvoyer des questions &#224; un organe pour un avis consultatif&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb11&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;L'article 38 de la convention permet toutefois de soumettre &#224; la CIJ un (&#8230;)&#034; id=&#034;nh11&#034;&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Il revient par contre au HCR d'en fournir une interpr&#233;tation officielle. Il faut toutefois noter que, depuis qu'il s'int&#233;resse &#224; la compatibilit&#233; avec ces textes des projets europ&#233;ens explicites ou plus implicites, le HCR a plut&#244;t eu des analyses conciliantes qui laisseraient probablement penser que, si l'on suit l'interpr&#233;tation officielle qu'il en donne, les Conventions de Gen&#232;ve ne prohibent qu'&#224; la marge les effets les plus n&#233;fastes d'une externalisation de l'asile.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La source de droits fondamentaux la plus importante et la plus int&#233;ressante para&#238;t finalement &#234;tre, encore ici, la Convention Europ&#233;enne des Droits de l'Homme. La CJCE, en l'absence de texte de droits fondamentaux ayant valeur juridique, la consid&#232;re comme une source majeure des &#171; principes g&#233;n&#233;raux du droit communautaire &#187;. En outre, la jurisprudence fournie et &#233;volutive de la Cour Europ&#233;enne des Droits de l'Homme permet de nouvelles applications plus souples de la Convention. Cependant de nombreux probl&#232;mes juridiques se posent &#224; son application, et le probl&#232;me est distinct lorsque le syst&#232;me d'externalisation implique le renvoi d'&#233;trangers arriv&#233;s dans un des pays de l'UE ou pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'appr&#233;hension de la d&#233;localisation de l'asile par la CEDH est donc double : elle se situe en amont et en aval. En amont, elle concerne des mesures mises en oeuvre dans les pays parties &#224; la convention par des autorit&#233;s de ces pays. Or le but de l'externalisation est bien d'&#233;viter au maximum les actions sur le territoire des Etats europ&#233;ens. Dans ce cas, le probl&#232;me principal n'est pas celui de l'applicabilit&#233; de la convention, mais bien de la tr&#232;s imparfaite protection qu'elle offre, protection qui ne peut &#234;tre qu'indirecte au b&#233;n&#233;fice des demandeurs d'asile. En aval, c'est &#224; dire pour les violations qui peuvent arriver dans les pays tiers, la convention devrait alors couvrir un champ de protection beaucoup plus large. N&#233;anmoins se pose dans ce cas le probl&#232;me de son application m&#234;me &#224; des situations ne relevant &lt;i&gt;prima facie&lt;/i&gt; pas d'un Etat partie. Ces deux aspects doivent &#234;tre examin&#233;s s&#233;par&#233;ment.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;2 - L'application en amont de la CEDH&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;2.1 - Pr&#233;liminaire : indiff&#233;rence du cadre institutionnel&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tous les projets d'externalisation de l'asile peuvent &#234;tre juridiquement men&#233;s, du c&#244;t&#233; europ&#233;en, de deux fa&#231;ons : soit par l'Union Europ&#233;enne en tant que telle, soit par des actions bilat&#233;rales entre un membre de l'Union et un Etat tiers. De fait, les deux approches sont aujourd'hui m&#234;l&#233;es, m&#234;me si la communautarisation des questions d'immigration et d'asile peut laisser penser que l'aspect communautaire peut prendre le pas sur l'aspect bilat&#233;ral ou multilat&#233;ral. Toutefois les difficult&#233;s politiques que soul&#232;vent la d&#233;localisation du traitement des demandes d'asile peut aussi pousser vers des coop&#233;rations r&#233;duites et intergouvernementales entre pays de l'UE pour faciliter les n&#233;gociations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Juridiquement, si l'action est men&#233;e par les institutions de l'UE, qui n'est pas partie &#224; la Convention, un premier probl&#232;me d'applicabilit&#233; de la CEDH se pose, mais on peut l'&#233;carter imm&#233;diatement : depuis l'arr&#234;t &lt;i&gt;Matthews c. Royaume-Uni&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb12&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;CEDH Grande Chambre, 18 f&#233;vrier 1999, Matthews c. Royaume-Uni, n&#176; 24833/94&#034; id=&#034;nh12&#034;&gt;12&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;, la Cour de Strasbourg a reconnu que les Etats membres de l'UE et parties &#224; la Convention pouvaient &#234;tre tenus pour responsables des actions commises par les institutions de l'UE&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb13&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Au &#167; 32 de l'arr&#234;t, la Cour affirme que &#171; les actes de la Communaut&#233; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh13&#034;&gt;13&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. D&#232;s lors le premier obstacle &#224; l'application de la CEDH est lev&#233;. Reste &#224; savoir quelles dispositions sont susceptibles de recouvrir les processus de d&#233;localisation de l'asile. En effet, la Convention Europ&#233;enne des Droits de l'Homme ne parle pas de droit d'asile. Toutes les protections que pourront trouver les r&#233;fugi&#233;s ne sont donc des protections &#171; par ricochet &#187; (pour reprendre l'expression de G. Cohen-Jonathan). Trois dispositions de la convention paraissent particuli&#232;rement pertinentes pour s'appliquer aux syst&#232;mes envisag&#233;s : l'article 3, l'article 4 du protocole 4, et l'article 5 &#167; 1.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;2.2 - La protection de l'article 3&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le premier angle par lequel la CEDH prot&#232;ge les demandeurs d'asile est celui de l'article 3 qui prohibe les &#171; tortures et les peines ou traitements inhumains ou d&#233;gradants &#187;. Combin&#233; &#224; l'article 1&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb14&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;L'article premier de la CEDH pose les limites de son application : &#171; Les (&#8230;)&#034; id=&#034;nh14&#034;&gt;14&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; qui d&#233;finit le champ d'application de la convention par la notion de &#171; juridiction &#187;, il oblige les Etats &#224; ne pas renvoyer une personne vers un pays o&#249; elle peut potentiellement subir de tels traitements. C'est le principe de la jurisprudence &lt;i&gt;Soering&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb15&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;CEDH Cour pl&#233;ni&#232;re, 7 juillet 1898, Soering c. Royaume-Uni, n&#176;14038/88. &#171; En (&#8230;)&#034; id=&#034;nh15&#034;&gt;15&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;, doublement compl&#233;t&#233;e par la suite en pr&#233;cisant que les risques de violation peuvent provenir d'agents non-&#233;tatiques, et que le simple contexte d'ins&#233;curit&#233; g&#233;n&#233;rale est &#224; prendre en consid&#233;ration&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb16&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;par exemple l'arr&#234;t du 15 novembre 1996 Chahal c. Royaume-Uni, n&#176;22414/93.&#034; id=&#034;nh16&#034;&gt;16&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. En outre, la Cour a bien pr&#233;cis&#233; que l'&#233;tablissement de conventions internationales permettant le transfert des demandeurs d'asile n'exon&#232;re absolument pas l'Etat &#224; ses obligations de protection, qui ne peut pas se &#171; d&#233;charger &#187; de ses responsabilit&#233;s sur l'Etat d'accueil, m&#234;me si celui-ci est a priori parfaitement respectueux des droits de l'homme&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb17&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;par exemple l'arr&#234;t du 7 mars 2000 T.I. c. Royaume-Uni, n&#176;43844/98. Il (&#8230;)&#034; id=&#034;nh17&#034;&gt;17&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;2.3 - La protection de l'article 4 du protocole 4&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le deuxi&#232;me angle provient de l'interdiction des expulsions collectives &#233;dict&#233;e par l'article 4 du protocole 4. La Cour note que cet article interdit l'expulsion des &#233;trangers &#171; en tant que groupe &#187;, et oblige les Etats &#224; un &#171; examen raisonnable et objectif de la situation particuli&#232;re de chacun des &#233;trangers qui forment le groupe &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb18&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;CEDH 5 f&#233;vrier 2002, Conka c. Belgique, n&#176;51564/99. &#171; La Cour rappelle sa (&#8230;)&#034; id=&#034;nh18&#034;&gt;18&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Manifestement, le syst&#232;me de transfert vers un pays tiers pr&#233;alablement &#224; la demande d'asile vise les demandeurs d'asile en tant que groupe et ne permet &#233;videmment pas une &#171; prise en compte r&#233;elle et diff&#233;renci&#233;e de la situation individuelle de chacune des personnes concern&#233;es &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb19&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Conka c. Belgique, &#167; 63&#034; id=&#034;nh19&#034;&gt;19&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Il est &#233;galement int&#233;ressant de noter que pour la Cour, les doutes de violation &#171; se trouvent renforc&#233;s &#187; par le fait notamment &#171; que la proc&#233;dure d'asile n'&#233;tait pas encore termin&#233;e &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb20&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Conka c. Belgique, &#167; 62&#034; id=&#034;nh20&#034;&gt;20&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;2.4 - La protection de l'article 5&#167;1 - f&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le troisi&#232;me angle s'appuie sur l'article 5 &#167;1 - f de la convention, qui pose une exception &#224; l'interdiction de la d&#233;tention &#171; s'il s'agit de l'arrestation ou de la d&#233;tention r&#233;guli&#232;re d'une personne pour l'emp&#234;cher de p&#233;n&#233;trer irr&#233;guli&#232;rement sur le territoire, ou contre laquelle une proc&#233;dure d'expulsion ou d'extradition est en cours &#187;. M&#234;me si le Royaume-Uni consid&#232;re que dans ses projets les centres n'ont pas vocation a &#234;tre ferm&#233;s, sp&#233;cialement les &#171; zones de protection r&#233;gionale &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb21&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; The protection regional areas would not be places of detention &#187;, UK New (&#8230;)&#034; id=&#034;nh21&#034;&gt;21&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, il est &#224; peu pr&#232;s in&#233;vitable qu'ils le deviendront tr&#232;s vite. La logique d'enfermement est manifeste, et on voit mal comment de tels centres pourraient rester ouverts sans entra&#238;ner un d&#233;calage insupportable pour les pays h&#244;tes. De plus, la Cour a une interpr&#233;tation relativement large de la notion de privation de libert&#233; prohib&#233;e par l'article 5 &#167; 1&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb22&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Par exemple l'arr&#234;t du 6 novembre 1980, Guzzardi c. Italie, n&#176;7367/76, &#167; 92 (&#8230;)&#034; id=&#034;nh22&#034;&gt;22&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. La question est de savoir si les camps vers lesquels seront renvoy&#233;s les demandeurs d'asile peuvent rentrer ou non dans le cadre de l'exception pr&#233;vue par le point f de cet article.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut tout d'abord s'interroger sur le fait de savoir si les demandeurs d'asile cherchent bien &#224; &#171; p&#233;n&#233;trer irr&#233;guli&#232;rement sur le territoire &#187; au sens de l'article 5 &#167; 1 - f o&#249; si la recherche de protection &#233;tatique que constitue la demande d'asile emp&#234;che de consid&#233;rer qu'ils souhaitent entrer irr&#233;guli&#232;rement sur le territoire&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb23&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Argument que l'on pourrait croire renforc&#233;e lorsque la Cour pr&#233;cise &#224; propos (&#8230;)&#034; id=&#034;nh23&#034;&gt;23&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. C'est par exemple ce que consid&#232;re N. Blake lorqu'il affirme qu'&#171; une politique g&#233;n&#233;ralis&#233;e de d&#233;tention appliqu&#233;e &#224; tous les demandeurs d'asile d&#232;s leur arriv&#233;e dans un pays serait incompatible avec la CEDH. En tant que groupe, les demandeurs d'asile ne cherchent pas &#224; p&#233;n&#233;trer irr&#233;guli&#232;rement sur le territoire d'un pays &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb24&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Nicholas Blake, Queen's Counsel, Matrix Chambers, in Actes du 2e Colloque (&#8230;)&#034; id=&#034;nh24&#034;&gt;24&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. D'autre part, la combinaison avec l'article 14 proscrivant les discriminations&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb25&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Article 14 : &#171; La jouissance des droits et libert&#233;s reconnus dans la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh25&#034;&gt;25&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; devrait interdire une d&#233;tention s&#233;lective fond&#233;e sur la nationalit&#233;. La Cour, a qui il n'a pas &#233;t&#233; explicitement demand&#233; de se prononcer sur ce point, a n&#233;anmoins implicitement tranch&#233;e cette question (quoique de fa&#231;on fort confuse) en acceptant que cet article puisse s'appliquer aux zones d'attentes fran&#231;aises, dans l'arr&#234;t &lt;i&gt;Amuur c. France&lt;/i&gt; du 25 juin 1996&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb26&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ainsi la Cour note toujours dans le &#167; 43 de l'arr&#234;t Amuur, apr&#232;s avoir (&#8230;)&#034; id=&#034;nh26&#034;&gt;26&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Au passage, elle note que de tels syst&#232;mes sont bien susceptibles de constituer une privation de libert&#233;, ce que la France refusait en faisant valoir que ces zones restaient ouvertes &#171; vers l'ext&#233;rieur &#187;, c'est &#224; dire vers l'&#233;tranger&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb27&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;L'argument &#233;tait que &#171; pour conclure &#224; l'inexistence d'une privation de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh27&#034;&gt;27&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puis la Cour pointe l'&#233;l&#233;ment le plus probl&#233;matique pour elle de ce dispositif, la dur&#233;e de l'enfermement. Elle pr&#233;cise ainsi que &#171; pareil maintien ne doit pas se prolonger de mani&#232;re excessive car il risquerait de transformer une simple restriction &#224; la libert&#233; en privation de libert&#233; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb28&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Amuur, &#167; 43&#034; id=&#034;nh28&#034;&gt;28&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, ce qui serait alors contraire &#224; l'article 5 &#167; 1&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb29&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Il est int&#233;ressant de noter que le HCR dans son interpr&#233;tation de la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh29&#034;&gt;29&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Or, dans des syst&#232;mes de camps d&#233;centralis&#233;s et au vu des pratiques actuelles des Etats europ&#233;ens, on peut tr&#232;s s&#233;rieusement douter que la dur&#233;e de s&#233;jour dans ces camps sera faible. Ainsi au Royaume-Uni, en Italie, ou au Danemark, le d&#233;lai du placement dans l'&#233;quivalent des zones d'attentes est illimit&#233;. A Malte, o&#249; ce genre de camp s'est fortement d&#233;velopp&#233;, il vient d'&#234;tre limit&#233; sur pression de l'Union Europ&#233;enne &#224;... 18 mois&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb30&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Sur la question voire par exemple sur cette question Claire Rodier, &#171; Les (&#8230;)&#034; id=&#034;nh30&#034;&gt;30&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Potentiellement, l'article 5 &#167; 1 peut donc &#234;tre un autre &#233;l&#233;ment allant contre l'&#233;tablissement de camps aux fronti&#232;res de l'Europe dans des syst&#232;mes tels que ceux imagin&#233;s par le Royaume-Uni.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;2.5 - Port&#233;e et limite pratique de ces articles&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La CEDH para&#238;t donc &#234;tre un frein s&#233;rieux &#224; l'&#233;tablissement de camps tels que ceux imagin&#233;s par le projet britannique et repris ensuite sous une forme &#224; peu pr&#232;s similaire par l'Italie et l'Allemagne. Les obstacles juridiques pos&#233;s par la convention devaient &#234;tre intuitivement per&#231;us, puisque d&#232;s le d&#233;part le projet britannique a &#233;t&#233; associ&#233; &#224; une proposition de r&#233;flexion pour modifier la CEDH, sous pr&#233;texte qu'elle ne r&#233;pondrait plus au exigences actuelles&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb31&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ainsi le communiqu&#233; de presse du 10 Downing Street du 27 janvier 2003, c'est (&#8230;)&#034; id=&#034;nh31&#034;&gt;31&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il existe pourtant une grosse limite commune &#224; l'application de ces trois principes : il faut que le demandeur d'asile ait p&#233;n&#233;tr&#233; sur le territoire d'une des parties &#224; la CEDH, pour relever de la juridiction de cet Etat au sens de l'article 1, et donc pouvoir revendiquer les diverses r&#232;gles protectrices de la Convention. Cette condition est clairement remplie dans des projets type TPC ou &#171; zones de protections r&#233;gionales &#187;, quoique dans cette seconde hypoth&#232;se le fait que l'expulsion intervienne apr&#232;s un examen de la demande d'asile sur le territoire change quelque peu la situation juridique. Elle n'est &lt;i&gt;prima facie&lt;/i&gt; pas remplie pour tout le syst&#232;me de &#171; camps-tampons &#187; g&#233;r&#233;s par les Etats h&#244;tes, sur simple &#171; impulsion &#187; europ&#233;enne. Or, il faut noter que malgr&#233; la contre-offensive italo-allemande cet &#233;t&#233;, le projet britannique a &#233;t&#233; temporairement mis de c&#244;t&#233; par les Etats europ&#233;ens lors des plus r&#233;centes n&#233;gociations devant les difficult&#233;s (politiques peut &#234;tre plus que juridiques) qu'il soulevait. En contrepartie, c'est bien le dernier syst&#232;me de &#171; camps-tampons &#187;, plus flou, plus complexe et moins facilement appr&#233;hendable et probablement moins dangereux politiquement, qui est en train de se mettre empiriquement en place aux fronti&#232;res de l'Europe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces r&#233;alisations paraissent une r&#233;elle &#171; zone grise &#187; du droit. Les personnes s'y trouvant n'ayant pas encore p&#233;n&#233;tr&#233; en Europe, leur appr&#233;hension par les normes protectrices de la CEDH et l'&#233;ventuelle responsabilit&#233; des Etats europ&#233;ens quant aux violations qui s'y produiraient n&#233;cessiterait une reconnaissance que ces syst&#232;mes entra&#238;nent une extension de la juridiction des Etats parties &#224; la CEDH au sens de l'article 1 &#224; ces situations. C'est cette question qu'il convient donc d'examiner.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;3 - L'application en aval de la CEDH : le probl&#232;me de la &#171; juridiction &#187; au sens de l'article 1&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;3.1 - Position du probl&#232;me&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La notion de &#171; juridiction &#187; de l'art. 1 de la Convention a r&#233;cemment &#233;t&#233; &#233;tendue. Diff&#233;rentes hypoth&#232;ses juridiques sont envisageables quant &#224; l'application de cette notion &#224; l'externalisation actuelle du traitement de l'asile. Toutefois une premi&#232;re difficult&#233; provient du fait que les syst&#232;mes projet&#233;s ou progressivement mis en place n'ont pas &#233;t&#233; formalis&#233;s dans les d&#233;tails de leur gestion. Or il s'agit pourtant d'un point crucial dans la d&#233;termination de l'applicabilit&#233; ou non de la CEDH.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut faire un l&#233;ger d&#233;tour et revenir rapidement &#224; une hypoth&#232;se de syst&#232;me qui abouti &#224; une gestion du type Guantanamo quelque peu att&#233;nu&#233;, c'est &#224; dire un lieu surveill&#233; par les forces du &#171; locataire &#187;. L'Etat h&#244;te est dans cette hypoth&#232;se d&#233;poss&#233;d&#233; du contr&#244;le du lieu. Cela peut &#234;tre le syst&#232;me des TPC, si un jour on y revient. C'est &#233;galement la logique de ce qui se passe &#224; Cuba dans une version pouss&#233;e, o&#249; le gouvernement castriste est d&#233;poss&#233;d&#233; d'absolument toute pr&#233;rogative sur ce qui se passe sur la base militaire &#224; l'extr&#233;mit&#233; de son &#238;le. Mais m&#234;me dans ce cas, la Cour Supr&#234;me am&#233;ricaine a trouv&#233; le moyen de juger que les lois am&#233;ricaines n'&#233;taient pas susceptibles de s'y appliquer&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb32&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La question a &#233;t&#233; tranch&#233;e par la Cour Supr&#234;me dans l'affaire jug&#233;e le 18 (&#8230;)&#034; id=&#034;nh32&#034;&gt;32&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutefois la jurisprudence de la Cour Europ&#233;enne peut laisser penser que dans un cas similaire, elle aurait abouti &#224; des conclusions diff&#233;rentes. Sa jurisprudence est constante sur ce point : &#171; Si l'article 1 fixe des limites au domaine de la Convention, la notion de &#034;juridiction&#034; au sens de cette disposition ne se circonscrit pas au territoire national des Hautes Parties contractantes &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb33&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Arr&#234;t du 18 d&#233;cembre 1996, Loizidou c. Turquie, exceptions pr&#233;liminaires, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh33&#034;&gt;33&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. La responsabilit&#233; des Etats &#171; peut donc entrer en jeu &#224; raison d'actes ou d'omissions &#233;manant de leurs organes et d&#233;ployant leurs effets en dehors de leur territoire &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb34&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Arr&#234;t Drozd et Janousek c. France et Espagne du 26 juin 1992, n&#176; 12747/87, &#167; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh34&#034;&gt;34&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. L'aspect responsabilit&#233; extra-muros est donc acquis. En outre, le contr&#244;le ne doit pas obligatoirement d&#233;couler d'une occupation militaire, puisqu'il peut s'exercer &#171; directement, par l'interm&#233;diaire des forces arm&#233;es de l'Etat concern&#233; ou par le biais d'une administration locale subordonn&#233;e &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb35&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Loizidou exceptions pr&#233;liminaires, &#167; 62&#034; id=&#034;nh35&#034;&gt;35&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Il est donc &#224; peu pr&#232;s acquis que un camp contr&#244;l&#233; majoritairement par des agents europ&#233;ens, militaires, policiers ou administrateurs, rel&#232;verait de la juridiction et donc de la responsabilit&#233; des Etats membres des ressortissants contr&#244;lant ces camps, contrairement &#224; ce que la Cour Supr&#234;me am&#233;ricaine a jug&#233; concernant Guantanamo.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutefois comme il a &#233;t&#233; soulign&#233;, il est peu probable que les actions europ&#233;ennes aboutissent &#224; un tel syst&#232;me. Les multiplications des n&#233;gociations et la volont&#233; affich&#233;e des gouvernants de se d&#233;barrasser de la plus grande part du &#171; fardeau &#187; en le repassant &#224; d'autres Etats ne para&#238;t pas co&#239;ncider avec un syst&#232;me de camps contr&#244;l&#233;s au final par les europ&#233;ens. Ils semblent chercher, au contraire, &#224; se d&#233;faire du plus grand nombre de pr&#233;rogatives possibles. D'o&#249; un syst&#232;me plus probable d'aide financi&#232;re et de soutien politique &#224; la cr&#233;ation par les Etats tiers eux-m&#234;mes de ces camps. Il n'est bien s&#251;r pas exclu que quelques conseillers ou experts europ&#233;ens soient d&#233;p&#234;ch&#233;s pour en assurer le fonctionnement, mais ils n'auront probablement pas un poids officiel leur permettant d'en endosser facilement une responsabilit&#233; juridique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La combinaison des possibles &#233;tant presque infinie, il est impensable de d&#233;tailler tout le panel de combinaisons possibles : envisageons juste l'autre extr&#234;me, celui d'un syst&#232;me compl&#232;tement confi&#233; aux pays tiers, qui correspond plus probablement &#224; ce vers quoi les politiques europ&#233;ennes tendent, pour tenter d'y trouver des angles d'attaques juridiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut tout d'abord noter que, ind&#233;niablement, les Etats europ&#233;ens resteront toujours &#224; la source de tout projet. Les pays qui acceptent l'&#233;tablissement de tels camps sur leur sol le font avec l'id&#233;e d'&#234;tre le prolongement naturel de l'espace Schengen, et ils ne s'en cachent pas : le ministre marocain de l'Int&#233;rieur Driss Badri a ainsi d&#233;clar&#233; que &#171; l'objectif principal pour le Maroc consiste &#224; &#234;tre partie prenante de la politique europ&#233;enne de l'immigration cons&#233;cutive &#224; l'instauration de l'espace Schengen. [...] Au niveau m&#233;diterran&#233;en nous sommes par notre situation g&#233;ographique et nos liens &#233;conomiques, culturels, et sociaux, partenaires &#224; part enti&#232;re de la s&#233;curit&#233; europ&#233;enne. [...] La d&#233;fense europ&#233;enne ne peut &#234;tre efficace que si le Maroc y apporte sa contribution &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb36&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;D&#233;claration du 24 f&#233;vrier 1999 &#224; l'adresse de parlementaires fran&#231;ais, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh36&#034;&gt;36&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Le ministre espagnol du travail, Jesus Caldera, a encore derni&#232;rement pr&#233;cis&#233; que &#171; le Maroc a accru sa coop&#233;ration. Cependant, nous continuons de penser qu'il doit l'augmenter davantage. Le gouvernement espagnol va &#234;tre plus exigeant &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb37&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;D&#233;p&#234;che AFP du 2 janvier 2005, Immigration : Rabat doit accro&#238;tre sa (&#8230;)&#034; id=&#034;nh37&#034;&gt;37&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Seul ce syst&#232;me est d'ailleurs valable pour les pays europ&#233;ens : ils veulent se dessaisir des aspects juridiques, mais aucunement du contr&#244;le politique. L'exemple des n&#233;gociations Italo-libyenne est &#224; cet &#233;gard embl&#233;matique. La lev&#233;e de l'embargo sur les ventes d'armes avait pour principal but de permettre &#224; Tripoli d'acheter des h&#233;licopt&#232;res, radars, vedettes et v&#233;hicules tous terrains pour contr&#244;ler le passage des migrants vers l'Europe, et permettre la cr&#233;ation future de camps de transit. Mais Kadhafi a voulu s'&#233;manciper, en comprenant bien l'avantage politique qu'il pourrait retirer du contr&#244;le des migrations : la peur de l'Europe de recevoir des migrants en masse lui donnait un argument non n&#233;gligeable dans ses n&#233;gociations avec l'Union. D'o&#249; les tractations politiques visant &#224; d&#233;poss&#233;der Tripoli de l'&#171; arme migratoire &#187;. D&#232;s lors, quelle que soit la construction juridique des camps hors de l'Union, et &#224; partir du moment o&#249; leur seule justification est pour les pays h&#244;tes est de se transformer en &#171; vigiles de l'Europe pour une poign&#233;e d'euros &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb38&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Abdelkrim Belguendouz, &#171; Le Maroc non africain, gendarme de l'Europe ? &#187;, p. 5&#034; id=&#034;nh38&#034;&gt;38&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, comment peut-on consid&#233;rer que les pays europ&#233;ens sont juridiquement totalement &#233;tranger &#224; ce processus ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;3.2 - Le crit&#232;re du soutien vital de l'Europe&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le premier argument vient de la responsabilit&#233; des Etats parties &#224; la Convention pour des actes commis par des entit&#233;s ne relevant pas de la CEDH, mais dont le soutien d'Etat parties &#224; la Convention &#233;tait vital. L'arr&#234;t &lt;i&gt;Chypre c. Turquie&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb39&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Arr&#234;t du 10 mai 2001 Chypre c. Turquie, n&#176;25781/94&#034; id=&#034;nh39&#034;&gt;39&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/i&gt; a ainsi permis &#224; la Cour Europ&#233;enne de poser cet argument. Elle y pr&#233;cise que la responsabilit&#233; d'un pays partie &#224; la CEDH &#171; ne saurait se circonscrire aux actes commis par ses soldats ou fonctionnaires dans cette zone [extra-territoriale] mais s'&#233;tend &#233;galement aux actes de l'administration locale qui survit gr&#226;ce &#224; son soutien &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb40&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Au &#167; 77 de l'arr&#234;t. En r&#233;alit&#233; l'arr&#234;t pr&#233;cise &#171; gr&#226;ce &#224; son soutien (&#8230;)&#034; id=&#034;nh40&#034;&gt;40&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Or en ce qui concerne l'externalisation de l'asile et au vu des r&#233;centes n&#233;gociations et &#233;volutions politiques, on n'est pas loin de penser que la Libye ne survie actuellement que gr&#226;ce au soutien diplomatique de certains pays de l'Union (la Libye est miraculeusement sortie des pays &#171; en sursis &#187; sur la sc&#232;ne internationale...), et que le contr&#244;le migratoire est bien un des principaux piliers (ou une des principales conditions) de ce soutien. D&#232;s lors l'id&#233;e contenue dans cette jurisprudence doit permettre d'argumenter que la responsabilit&#233; des Etats parties &#224; la Convention est engag&#233;e pour les actes d'un Etat tiers, lorsque la commission de ces actes est dict&#233;e par la survie de l'Etat tiers, survie qui ne tient qu'au soutien diplomatique d'Etats parties &#224; la Convention. Le parall&#233;lisme s'impose en effet : le r&#233;gime de Chypre Nord ne tient que gr&#226;ce au soutien de la Turquie, qui est de ce fait aux yeux de la Cour responsable des actions commises par l'administration nord chypriote. La Libye aujourd'hui ne tient que gr&#226;ce au soutien ferme de certains pays europ&#233;ens qui en contrepartie cherchent &#224; contr&#244;ler la politique migratoire de la Libye, ils pourraient donc &#234;tre tenus responsables pour la partie des actions de l'administration libyenne en mati&#232;re migratoire qui r&#233;pondent directement aux exigences europ&#233;ennes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutefois, quant &#224; juger de la valeur juridique d'un tel argument et &#224; conjecturer sur la mani&#232;re dont il pourrait &#234;tre re&#231;u, on ne peut que se borner &#224; constater que le droit et la diplomatie ont rarement fait bon m&#233;nage...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;3.3 - Le crit&#232;re de l' &#171; influence d&#233;cisive &#187; de l'Europe&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais la notion de juridiction a par ailleurs re&#231;ue une autre extension importante dans l'arr&#234;t &lt;i&gt;Ilascu et autres c. Moldova et Russie&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb41&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Arr&#234;t du 8 juillet 2004, n&#176;48787/99&#034; id=&#034;nh41&#034;&gt;41&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;. En recherchant le statut d'actes commis en Transnistrie par l'administration locale, elle note que le &#171; contexte de collaboration des autorit&#233;s russes &#187; est de nature &#224; &#171; engendrer une responsabilit&#233; quant aux cons&#233;quences pas trop lointaines des actes de ce r&#233;gime &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb42&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ilascu, &#167; 385&#034; id=&#034;nh42&#034;&gt;42&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, pour en d&#233;duire que les requ&#233;rants relevaient de la juridiction de la F&#233;d&#233;ration de Russie au sens de l'article 1.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On est donc bien en pr&#233;sence ici d'un Etat responsable d'actes commis par des forces &#233;trang&#232;res hors de son territoire et sur des personnes s'&#233;tant toujours trouv&#233;es hors de ce territoire, le lien de responsabilit&#233; ne tenant qu'&#224; une &#171; collaboration des autorit&#233;s &#187;, dont la Cour pr&#233;cise un peu plus loin les contours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On est au-del&#224; des principes de la jurisprudence &lt;i&gt;Chypre c. Turquie&lt;/i&gt; et de ceux de la jurisprudence&lt;i&gt;Soering&lt;/i&gt;. L'aspect &#171; vital &#187; du soutien n'est plus exig&#233; : les autorit&#233;s agissantes peuvent ne pas &#234;tre sp&#233;cialement demanderesse de la collaboration et de l'influence d'un Etat tiers, elles doivent simplement les subir. D'autre part la jurisprudence &lt;i&gt;Soering&lt;/i&gt; est d&#233;pass&#233;e sur au moins 2 plans : d'une part car les victimes n'ont &#224; aucun moment p&#233;n&#233;tr&#233; sur le territoire de l'Etat partie, la responsabilit&#233; n'est donc pas entra&#238;n&#233;e par le fait que l'Etat a d&#251; &#224; un moment assurer le respect des droits du fait de la pr&#233;sence territoriale des victimes (protection &#224; laquelle l'Etat manque en d&#233;cidant de les remettre &#224; d'autres autorit&#233;s) ; d'autre part car ce n'est pas l'acte de transfert qui est en cause&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb43&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;En l'esp&#232;ce, l'affaire Ilascu comporte un transfert de personnes arr&#234;t&#233;es (&#8230;)&#034; id=&#034;nh43&#034;&gt;43&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, mais bien la collaboration des autorit&#233;s de l'Etat partie au syst&#232;me m&#234;me mis en place par l'Etat tiers. Cette collaboration se manifeste notamment par le fait que &#171; les dirigeants de la F&#233;d&#233;ration de Russie ont, par leurs d&#233;clarations politiques soutenu les autorit&#233;s s&#233;paratistes &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb44&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ilascu, &#167; 381&#034; id=&#034;nh44&#034;&gt;44&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, et qu'un ensemble d'&#233;l&#233;ments mat&#233;riels montrent que l'administration de Transnistrie est &#171; sous l'influence d&#233;cisive de la F&#233;d&#233;ration de Russie et, en tout &#233;tat de cause, qu'elle survit gr&#226;ce au soutien militaire, &#233;conomique, financier et politique que lui fournit la F&#233;d&#233;ration de Russie &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb45&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#167; 392&#034; id=&#034;nh45&#034;&gt;45&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Ses &#233;l&#233;ments justifient, pour la Cour, l'extension de la juridiction de la Russie, et permettent donc l'application de la CEDH. Est-on vraiment dans un syst&#232;me diff&#233;rent de la construction qui se monte peu &#224; peu aux fronti&#232;res de l'Europe concernant le domaine particulier de l'asile ? Les pays europ&#233;ens ne font-ils pas preuve d'une &#171; collaboration &#187; et m&#234;me plus d'une &#171; influence d&#233;cisive &#187; sur cette construction, qui ne peut finalement fonctionner que &#171; gr&#226;ce au soutien &#233;conomique, financier et politique que lui fournissent &#187; les pays de l'Union ? Une marge d'interpr&#233;tation existe bel et bien ici en l'&#233;tat actuel du droit, qui laisser entendre qu'il n'est pas exclu que les camps mont&#233;s aux fronti&#232;res de l'Europe sur son &#171; influence d&#233;cisive &#187; puissent relever de sa juridiction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;3.4 - Les obligations positives de protection qui s'imposent aux pays europ&#233;ens&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'arr&#234;t &lt;i&gt;Ilascu&lt;/i&gt; est &#233;galement int&#233;ressant sur un autre domaine : il introduit dans la d&#233;termination de la juridiction la notion d'obligations positives. La Cour pr&#233;cise ainsi que &#171; les engagements pris par une Partie contractante en vertu de l'article 1 de la Convention comportent, outre le devoir de s'abstenir de toute ing&#233;rence dans la jouissance des droits et libert&#233;s garantis, des obligations positives de prendre les mesures appropri&#233;es pour assurer le respect de ces droits et libert&#233;s sur son territoire &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb46&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#167; 313&#034; id=&#034;nh46&#034;&gt;46&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'aspect territorial de ces obligations positives peut &#224; premi&#232;re vue para&#238;tre bloquant, en ce que les Etats n'auraient pas &#224; les assurer en dehors de leur territoire. En r&#233;alit&#233; ce principe est doublement att&#233;nu&#233; par la Cour elle-m&#234;me, rendant ainsi des marges de manoeuvre. L'alin&#233;a suivant d&#233;connecte ainsi les obligations de l'Etat de son autorit&#233; sur le territoire : &#171; Ces obligations subsistent m&#234;me dans le cas d'une limitation de l'exercice de son autorit&#233; sur une partie de son territoire &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb47&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;idem&#034; id=&#034;nh47&#034;&gt;47&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. La Moldavie est donc responsable des actes commis en Transnistrie car, bien que n'ayant pas autorit&#233; sur cette partie de son territoire elle avait une obligation positive de tout faire pour y faire respecter les droits de la Convention. Toutefois sa juridiction est consid&#233;r&#233;e comme &#171; att&#233;nu&#233;e &#187;, entra&#238;nant une limitation de sa responsabilit&#233;. De plus, si les obligations ne sont pas li&#233;es &#224; l'autorit&#233; de l'Etat, elles semblent le rester &#224; l'aspect territorial.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, un peu plus loin, en examinant la responsabilit&#233; de la Russie, la Cour fait tomber cette barri&#232;re. Elle estime en effet que &#171; sont &#224; consid&#233;rer comme faits g&#233;n&#233;rateurs de la responsabilit&#233; de la F&#233;d&#233;ration de Russie non seulement les actes auxquels des agents de cet Etat ont particip&#233;, comme l'arrestation et la d&#233;tention des requ&#233;rants, mais &#233;galement leur transfert aux mains de la police et du r&#233;gime transnistrien &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb48&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#167; 384&#034; id=&#034;nh48&#034;&gt;48&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Ainsi l'arr&#234;t dit clairement que l'appui syst&#233;mique que la Russie a continuellement apport&#233; &#224; la mise en place du r&#233;gime transnistrien et qui fonde l'extension de sa juridiction aux actions de ce r&#233;gime, lui cr&#233;&#233; logiquement une obligation d'assurer le respect des droits de la Convention : &#171; la Cour estime qu'il existe un lien continu et ininterrompu de responsabilit&#233; de la part de la F&#233;d&#233;ration de Russie quant au sort des requ&#233;rants, puisque la politique de la F&#233;d&#233;ration de Russie de soutien au r&#233;gime et de collaboration avec celui-ci a perdur&#233; au-del&#224; du 5 mai 1998 [date de la ratification par la Russie de la CEDH] et qu'apr&#232;s cette date, la F&#233;d&#233;ration de Russie n'a rien tent&#233; pour mettre fin &#224; la situation des requ&#233;rants engendr&#233;e par ses agents, et n'a pas agi pour emp&#234;cher les violations pr&#233;tendument commises apr&#232;s le 5 mai 1998 &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb49&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#167; 393&#034; id=&#034;nh49&#034;&gt;49&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'arr&#234;t est ici ambigu. En se basant sur cette derni&#232;re phrase pour affirmer que &#171; les requ&#233;rants rel&#232;vent donc de la &#171; juridiction &#187; de la F&#233;d&#233;ration de Russie aux fins de l'article 1 de la Convention et la responsabilit&#233; de celle-ci est engag&#233;e quant aux actes d&#233;nonc&#233;s &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb50&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#167; 394&#034; id=&#034;nh50&#034;&gt;50&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, il laisse sous-entendre que ce non-respect par la Russie de ces obligations fonde l'extension de sa juridiction. La logique est en r&#233;alit&#233; inverse : la juridiction de la Russie s'&#233;tend aux actes commis en Transnistrie y compris par l'administration locale du fait de l'influence d&#233;cisive qu'elle y exerce. Les obligations positives de protection ne sont qu'une cons&#233;quence logique de cette juridiction : les Etats doivent non seulement respecter mais &#233;galement faire respecter la Convention sur les territoires et les personnes relevant de leur juridiction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais la pr&#233;cision est importante. Elle permet de confirmer que dans ce cas l&#224;, la juridiction n'est pas &#171; att&#233;nu&#233;e &#187; : pour des actes commis sous l'influence d&#233;cisive d'un Etat partie &#224; la Convention, la responsabilit&#233; de ce dernier vaut pour la non-intervention en vue de faire cesser des actions contraires la Convention. Dans le cas europ&#233;ens, le syst&#232;me de camps n'existant que par la volont&#233; des Etats europ&#233;ens et pour r&#233;pondre &#224; ce qu'ils jugent &#234;tre leurs besoins, ils auraient une obligation positive de veiller &#224; ce qu'aucune violation de la Convention ne s'y produise, et &#224; tout faire pour, le cas &#233;ch&#233;ant, la faire cesser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est difficile de conclure de fa&#231;on nette et sans appel. N&#233;anmoins on voit bien qu'il n'est pas compl&#232;tement illusoire de consid&#233;rer que l'extension de la notion de juridiction pourrait permettre d'y inclure les diff&#233;rents syst&#232;mes de camps que certains pays europ&#233;ens soutiennent fortement. Il ne serait alors pas trop difficile de trouver de tr&#232;s nombreuses violations de la CEDH dans le fonctionnement de ces camps&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb51&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Human Rights Watch, qui a proc&#233;d&#233; &#224; une &#233;tude d&#233;taill&#233;e de l'accueil des (&#8230;)&#034; id=&#034;nh51&#034;&gt;51&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Combin&#233;es aux violations en amont qui d&#233;coulent de la mise en place de ces camps, on pourrait conclure &#224; l'ill&#233;galit&#233; de tout le projet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On est toutefois l&#224; dans une juridi-fiction. Le parall&#232;le n'est pas si clair avec les syst&#232;mes que la Cour a d&#233;j&#224; jug&#233; pour qu'il s'impose logiquement, et rien ne permet de pr&#233;juger a priori de l'interpr&#233;tation que pourraient en faire les juges de Strasbourg. Rien sinon les &#233;normes cons&#233;quences qu'auraient une d&#233;cision de reconna&#238;tre des violations en amont ou d'y appliquer la CEDH en aval, le caract&#232;re &#233;minemment politique des questions d'immigration et d'asile, la tr&#232;s grande sensibilit&#233; juridique sur tout ce qui touche &#224; cette question et le caract&#232;re encore peu empathique des d&#233;cisions de la Cour europ&#233;enne lorsqu'elles concernent les &#233;trangers et les demandeurs d'asile.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et on retrouve l&#224; encore la r&#233;flexion sur la r&#233;tention, la d&#233;tention et l'expulsion des &#233;trangers. &#171; L'errance des exil&#233;s que, dans certains pays, on disperse pour &#233;viter la cr&#233;ation de nouveaux &#171; abc&#232;s de fixation &#187;, ne symbolise-t-elle pas le caract&#232;re multiforme que prend la mise &#224; l'&#233;cart des migrants dans les soci&#233;t&#233;s europ&#233;ennes ? Ne peut-on assimiler &#224; une informelle &#171; assignation &#224; r&#233;sidence &#187; l'obligation, pour des &#233;trangers, de &lt;i&gt;n'&#234;tre pas&lt;/i&gt;&#224; un endroit o&#249; ils sont consid&#233;r&#233;s comme g&#234;nants ? Car le harc&#232;lement policier et l'obligation d'invisibilit&#233; font alors office de barreaux et tracent les limites des lieux r&#233;serv&#233;s aux &#233;trangers. Dans ces cas, le camp, de lieu identifi&#233; devient processus, symbole de l'errance contrainte et du mouvement perp&#233;tuel de migrants et d'exil&#233;s que les soci&#233;t&#233;s europ&#233;ennes se refusent &#224; voir et accueillir &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb52&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Migreurop, Les camps d'&#233;trangers en Europe, 2005&#034; id=&#034;nh52&#034;&gt;52&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Olivier Clochard, Yvan Gastaut et Ralph Schor, &#171; Les camps d'&#233;trangers depuis 1938 : continuit&#233; et adaptations. Du &#034;mod&#232;le&#034; fran&#231;ais &#224; la construction de l'espace Schengen &#187;, &lt;i&gt;Revue europ&#233;enne des migrations internationales&lt;/i&gt;, 2004 vol.20, n&#176;2, p.57-87&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;qui ne sont en fait pas r&#233;ellement &#171; d&#233;bout&#233;s &#187; car si leur demande d'asile est jug&#233;e &#171; manifestement infond&#233;e &#187;, ils n'ont pas la possibilit&#233; de d&#233;poser une demande devant l'OFPRA.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Projet qui s'exprime &#224; travers deux principaux documents : un d'une trentaine de pages dat&#233; de f&#233;vrier 2003 intitul&#233; &lt;a href=&#034;http://www.proasyl.de/texte/mappe/2003/76/3.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;UK New Vision for refugees&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, et une correspondance officielle de Tony Blair &#224; Costas Simitis, (&#224; l'&#233;poque pr&#233;sident grec en exercice de l'Union Europ&#233;enne) intitul&#233;e &lt;i&gt;New international approches to asylum processing and protection&lt;/i&gt; du 10 mars 2003 &lt;a href=&#034;http://www.statewatch.org/news/2003/apr/blair-simitis-asile.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;en v.o.&lt;/a&gt; et &lt;a href=&#034;http://www.migreurop.org/IMG/rtf/dearcostas-trad.rtf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;en traduction fran&#231;aise&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Daphn&#233; Bouteillet-Paquet, &lt;i&gt;L'Europe et le droit d'asile&lt;/i&gt;, 2004, L'Harmattan&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Il est &#224; noter que cette exp&#233;rience est cit&#233;e comme source directe d'inspiration dans le projet &lt;i&gt;UK new vision&lt;/i&gt;, projet que le ministre australien de l'immigration n'a pas manqu&#233; de saluer en soulignant les &#171; remarquables similitudes avec le traitement territorial de l'asile &#187; (Prime Minister Press Releases, &lt;i&gt;UK asylum proposals worth consideration&lt;/i&gt;, MPS 21/2003, 3 avril 2003, repris dans Sophie Huguenet, &lt;i&gt;Droit de l'asile : le projet britannique d'externalisation&lt;/i&gt;, L'Harmattan, 2004, p. 18)&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Pour une chronologie plus pr&#233;cise avec les d&#233;clarations politiques et tous les liens n&#233;cessaires sur cette initiative italo-allemande, voir la &lt;a href=&#034;http://www.migreurop.org/article609.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;compilation effectu&#233;e par le r&#233;seau Migreurop&lt;/a&gt; ; ainsi que la &lt;a href=&#034;http://www.amnesty.asso.fr/05_amnesty/53_gd_themes/refugies/src/sf04r40.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;synth&#232;se d'Amnesty International&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Si les camps type Sangatte au Maroc sont les plus connus, notamment ceux de Gourougou, de Belyounech (Bel Younes), et d'Oujda ayant r&#233;cemment fait l'objet d'une &lt;a href=&#034;http://www.cimade.org/actus/rapportmaroc.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#233;tude de la Cimade&lt;/a&gt;, de tels camps-tampons existent &#233;galement en Alg&#233;rie et en Ukraine, pour ne citer que les pays hors Europe.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;D&#233;claration de Luis Ernesto Derbez, ministre mexicain des Affaires &#233;trang&#232;res, cit&#233; par une d&#233;p&#234;che AP du 17 f&#233;vrier 2005.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&#171; Le droit d'asile est garanti dans le respect des r&#232;gles de la convention de Gen&#232;ve du 28 juillet 1951 et du protocole du 31 janvier 1967 relatifs au statut des r&#233;fugi&#233;s et conform&#233;ment au trait&#233; instituant la Communaut&#233; europ&#233;enne &#187;. C'est un des rares articles de la Charte qui ne se suffit pas &#224; lui-m&#234;me mais qui doit se combiner avec d'autres textes.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Sur la question, voir Claire Rodier et Emmanuel Blanchard, &#171; Les &#233;trangers dans la constitution europ&#233;enne : faire sortir l'Union europ&#233;enne du non-droit ? &#187;, &lt;i&gt;Mouvements&lt;/i&gt;, n&#176; 37, janvier-f&#233;vrier 2005, p. 131-136&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb11&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh11&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 11&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;L'article 38 de la convention permet toutefois de soumettre &#224; la CIJ un diff&#233;rent entre Etats parties, mais jamais cette possibilit&#233; n'a &#233;t&#233; mise en oeuvre.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb12&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh12&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 12&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;12&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;CEDH Grande Chambre, 18 f&#233;vrier 1999, &lt;i&gt;Matthews c. Royaume-Uni&lt;/i&gt;, n&#176; 24833/94&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb13&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh13&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 13&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;13&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Au &#167; 32 de l'arr&#234;t, la Cour affirme que &#171; les actes de la Communaut&#233; europ&#233;enne ne peuvent &#234;tre attaqu&#233;s en tant que tels devant la Cour, car la Communaut&#233; en tant que telle n'est pas Partie contractante. La Convention n'exclut pas le transfert de comp&#233;tences &#224; des organisations internationales, pourvu que les droits garantis par la Convention continuent d'&#234;tre &#171; reconnus &#187;. Pareil transfert ne fait donc pas dispara&#238;tre la responsabilit&#233; des Etats membres. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb14&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh14&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 14&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;14&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;L'article premier de la CEDH pose les limites de son application : &#171; Les Hautes Parties contractantes reconnaissent &#224; toute personne relevant de leur juridiction les droits et libert&#233;s d&#233;finis au titre I de la pr&#233;sente Convention &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb15&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh15&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 15&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;15&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;CEDH Cour pl&#233;ni&#232;re, 7 juillet 1898, &lt;i&gt;Soering c. Royaume-Uni&lt;/i&gt;, n&#176;14038/88. &#171; En r&#233;sum&#233;, pareille d&#233;cision peut soulever un probl&#232;me au regard de l'article 3 (art. 3), donc engager la responsabilit&#233; d'un Etat contractant au titre de la Convention, lorsqu'il y a des motifs s&#233;rieux et av&#233;r&#233;s de croire que l'int&#233;ress&#233;, si on le livre &#224; l'Etat requ&#233;rant, y courra un risque r&#233;el d'&#234;tre soumis &#224; la torture, ou &#224; des peines ou traitements inhumains ou d&#233;gradants &#187;, &#167; 91.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb16&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh16&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 16&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;16&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;par exemple l'arr&#234;t du 15 novembre 1996 &lt;i&gt;Chahal c. Royaume-Uni&lt;/i&gt;, n&#176;22414/93.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb17&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh17&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 17&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;17&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;par exemple l'arr&#234;t du 7 mars 2000 &lt;i&gt;T.I. c. Royaume-Uni&lt;/i&gt;, n&#176;43844/98. Il s'agissait en l'occurrence d'un transfert d'un demandeur d'asile sri-lankais du Royaume-Uni vers l'Allemagne dans le cadre du syst&#232;me de Dublin. La Cour note que &#171; son refoulement vers l'Allemagne constitue toutefois un maillon d'une &#233;ventuelle cha&#238;ne de circonstances pouvant d&#233;boucher sur son retour &#224; Sri Lanka, o&#249; il est all&#233;gu&#233; qu'il courrait un risque r&#233;el de subir un tel traitement. La Cour estime qu'en l'esp&#232;ce, le refoulement indirect vers un pays interm&#233;diaire qui se trouve &#234;tre &#233;galement un Etat contractant n'a aucune incidence sur la responsabilit&#233; du Royaume-Uni, qui doit veiller &#224; ne pas exposer le requ&#233;rant &#224; un traitement contraire &#224; l'article 3 de la Convention par sa d&#233;cision de l'expulser. Dans ce contexte, le Royaume-Uni ne peut pas non plus s'appuyer d'office sur le syst&#232;me &#233;tabli par la Convention de Dublin pour attribuer, au sein des pays europ&#233;ens, la responsabilit&#233; de statuer sur les demandes d'asile. Lorsque des Etats &#233;tablissent des organisations internationales ou, mutatis mutandis, des accords internationaux pour coop&#233;rer dans certains domaines d'activit&#233;, la protection des droits fondamentaux peut s'en trouver affect&#233;e. Il serait contraire au but et &#224; l'objet de la Convention que les Etats contractants soient ainsi exon&#233;r&#233;s de toute responsabilit&#233; au regard de la Convention dans le domaine d'activit&#233; concern&#233; &#187;. p. 17-18&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb18&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh18&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 18&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;18&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;CEDH 5 f&#233;vrier 2002, &lt;i&gt;Conka c. Belgique&lt;/i&gt;, n&#176;51564/99. &#171; La Cour rappelle sa jurisprudence d'apr&#232;s laquelle il faut entendre par expulsion collective, au sens de l'article 4 du Protocole no 4, toute mesure contraignant des &#233;trangers, en tant que groupe, &#224; quitter un pays, sauf dans les cas o&#249; une telle mesure est prise &#224; l'issue et sur la base d'un examen raisonnable et objectif de la situation particuli&#232;re de chacun des &#233;trangers qui forment le groupe &#187;, &#167; 59.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb19&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh19&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 19&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;19&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;i&gt;Conka c. Belgique&lt;/i&gt;, &#167; 63&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb20&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh20&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 20&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;20&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;i&gt;Conka c. Belgique&lt;/i&gt;, &#167; 62&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb21&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh21&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 21&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;21&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&#171; The protection regional areas would not be places of detention &#187;, &lt;i&gt;UK New vision...&lt;/i&gt;, p. 12&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb22&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh22&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 22&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;22&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Par exemple l'arr&#234;t du 6 novembre 1980, &lt;i&gt;Guzzardi c. Italie&lt;/i&gt;, n&#176;7367/76, &#167; 92 : &#171; Pour d&#233;terminer si un individu se trouve &#034;priv&#233; de sa libert&#233;&#034; au sens de l'article 5 (art. 5), il faut partir de sa situation concr&#232;te et prendre en compte un ensemble de crit&#232;res comme le genre, la dur&#233;e, les effets et les modalit&#233;s d'ex&#233;cution de la mesure consid&#233;r&#233;e. Entre privation et restriction de libert&#233;, il n'y a qu'une diff&#233;rence de degr&#233; ou d'intensit&#233;, non de nature ou d'essence &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb23&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh23&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 23&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;23&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Argument que l'on pourrait croire renforc&#233;e lorsque la Cour pr&#233;cise &#224; propos des possibilit&#233;s ouvertes par l'article 5 &#167;1 - f que &#171; un tel maintien n'est acceptable que pour permettre aux Etats de combattre l'immigration clandestine tout en respectant leurs engagements internationaux, notamment en vertu de la Convention de Gen&#232;ve de 1951 relative au statut des r&#233;fugi&#233;s et de la Convention europ&#233;enne des Droits de l'Homme &#187; (arr&#234;t &lt;i&gt;Amuur c. France&lt;/i&gt; du 25 juin 1996, n&#176;19776/92, &#167; 43. La Cour r&#233;serve donc cet article &#224; l'&#171; immigration clandestine &#187;, qui a priori se distingue nettement de la demande d'asile.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb24&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh24&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 24&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;24&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Nicholas Blake, Queen's Counsel, Matrix Chambers, in &lt;i&gt;Actes du&lt;/i&gt; &lt;i&gt;2e Colloque sur la CEDH et la protection des r&#233;fugi&#233;s, des demandeurs d'asile et des personnes d&#233;plac&#233;es&lt;/i&gt;, tenu &#224; Strasbourg les 19 et 20 mai 2000, p. 90, &#233;ditions du Conseil de l'Europe, 2001.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb25&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh25&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 25&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;25&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Article 14 : &#171; La jouissance des droits et libert&#233;s reconnus dans la pr&#233;sente Convention doit &#234;tre assur&#233;e, sans distinction aucune, fond&#233;e notamment sur le sexe, la race, la couleur, la langue, la religion, les opinions politiques ou toutes autres opinions, l'origine nationale ou sociale, l'appartenance &#224; une minorit&#233; nationale, la fortune, la naissance ou toute autre situation &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb26&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh26&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 26&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;26&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Ainsi la Cour note toujours dans le &#167; 43 de l'arr&#234;t &lt;i&gt;Amuur&lt;/i&gt;, apr&#232;s avoir affirm&#233; clairement que l'article 5 &#167; 1 - f s'applique &#224; la lutte contre l'immigration clandestine qu'&#171; il faut tenir compte, &#224; cet &#233;gard, du fait qu'une telle mesure s'applique non pas &#224; des auteurs d'infractions p&#233;nales mais &#224; des &#233;trangers qui, craignant souvent pour leur vie, fuient leur propre pays &#187;. La confusion est ici totale entre immigration clandestine et demande d'asile...&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb27&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh27&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 27&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;27&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;L'argument &#233;tait que &#171; pour conclure &#224; l'inexistence d'une privation de libert&#233;, le Gouvernement et la Commission attachent un poids particulier &#224; la facult&#233; qu'avaient eue les requ&#233;rants de se soustraire &#224; tout moment &#224; l'emprise de la mesure litigieuse. Plus particuli&#232;rement, le Gouvernement all&#232;gue que si la zone de transit est &#034;ferm&#233;e vers la France&#034;, elle reste &#034;ouverte vers l'ext&#233;rieur&#034; &#187; (&lt;i&gt;Amuur,&lt;/i&gt;&#167; 46)&lt;i&gt;,&lt;/i&gt;argument que la Cour rejette en affirmant que &#171; la simple possibilit&#233; pour des demandeurs d'asile de quitter volontairement le pays o&#249; ils entendent se r&#233;fugier ne saurait exclure une atteinte &#224; la libert&#233; &#187; (&#167; 48)&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb28&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh28&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 28&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;28&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;i&gt;Amuur&lt;/i&gt;, &#167; 43&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb29&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh29&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 29&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;29&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Il est int&#233;ressant de noter que le HCR dans son interpr&#233;tation de la convention de Gen&#232;ve posait un autre crit&#232;re &#224; la limitation de l'enfermement des demandeurs d'asile : celui de la non-automaticit&#233;. Ainsi le &lt;i&gt;Revised Guideline on applicable criteria and standards relating to the detention of asylum seekers&lt;/i&gt; de f&#233;vrier 1999 pr&#233;cise que &#171; the detention of asylum seekers who come directly in an irregular manner should, therefore, not be automatic or unduly prolonged &#187;. Condition de non-automaticit&#233; bien entendu non reprise par la Cour, qui l'aurait oblig&#233;e &#224; condamner le syst&#232;me de zones d'attentes. Depuis, le HCR lui-m&#234;me semble se monter plus h&#233;sitant sur ce point.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb30&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh30&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 30&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;30&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Sur la question voire par exemple sur cette question Claire Rodier, &#171; Les camps d'&#233;trangers, nouvel outil de la politique migratoire de l'Europe &#187;, &lt;i&gt;Mouvements&lt;/i&gt; n&#176; 30, novembre-d&#233;cembre 2003. &#171; Aux (rares) voix qui protestent en France contre l'allongement - de douze &#224; trente-six jours - de la dur&#233;e de la r&#233;tention administrative des &#233;trangers pr&#233;vue par la r&#233;forme de la loi sur l'immigration dont l'adoption &#233;tait pr&#233;vue avant la fin 2003, le ministre de l'Int&#233;rieur a beau jeu de r&#233;torquer que la France reste, dans ce domaine, tr&#232;s en de&#231;&#224; des normes moyennes en vigueur chez ses voisins europ&#233;ens. Autour de nous - on le constate pour la Gr&#232;ce, mais c'est vrai aussi en Belgique, au Royaume Uni, en Allemagne - c'est en effet en mois, voire en ann&#233;es plut&#244;t qu'en jours qu'il faut calculer les d&#233;lais pendant lesquels on prive de libert&#233;, en attendant de les expulser, des &#233;trangers au seul motif qu'ils ont franchi ill&#233;galement une fronti&#232;re ou qu'ils sont sans papiers. Cet enfermement des &#233;trangers &#171; en attendant &#187;, pour des p&#233;riodes parfois tr&#232;s longues, voire de fa&#231;on illimit&#233;e, tend en effet &#224; se g&#233;n&#233;raliser dans l'Union europ&#233;enne et &#224; ses portes &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb31&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh31&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 31&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;31&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Ainsi le &lt;a href=&#034;http://www.pm.gov.uk/output/page1321.asp&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;communiqu&#233; de presse du 10 Downing Street du 27 janvier 2003&lt;/a&gt;, c'est &#224; dire le lendemain d'une interview &#224; la BBC o&#249; Blair avait &#233;voqu&#233; pour la premi&#232;re fois son projet, pr&#233;cise que &#171; questioned as to whether any preparatory work was currently underway to work out the approach that would be necessary to do something as radical as reviewing the ECHR, the PMOS said that if he was being asked whether the Prime Minister had sent a signal that we should begin thinking about these issues, the answer was yes, of course. That was why, as he had underlined, there was a thinking process to be gone through. &#187;. Le communiqu&#233; continue en expliquant que &#171; asked to explain the problem to which dealing with the ECHR might be a solution, the PMOS said that the Conventions in question were over fifty years old and were designed for an era before mass migration &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb32&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh32&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 32&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;32&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;La question a &#233;t&#233; tranch&#233;e par la Cour Supr&#234;me dans l'affaire jug&#233;e le 18 janvier 1995, &lt;i&gt;Cuban American Bar Association, inc. v. Warren Christopher, Secretary of State&lt;/i&gt;(43 F. 3d - 11th circuit). En r&#233;alit&#233; la Cour reconna&#238;t la juridiction am&#233;ricaine (il serait difficile de la nier...) : &#171; during the period of the occupation by the US of said areas under the terms of this agreement, the US shall exercise complete jurisdiction and control over and within said areas &#187;. Seulement elle pr&#233;cise que, pour elle, le &#171; contr&#244;le de juridiction &#187; n'est pas &#233;quivalent &#224; la &#171; souverainet&#233; &#187;. D&#232;s lors, Guantanamo n'est pas un &#171; territoire des Etats-Unis &#187;, donc ni l'&lt;i&gt;Immigration and Nationality Act&lt;/i&gt;, ni la constitution am&#233;ricaine ni la convention de Gen&#232;ve ne peuvent s'y appliquer : &#171; the NY district court found that lawyers had a first amendment right to free speech for engaging in legal consultation at Guantanamo Bay because it was a naval base over which the US has &#8216;complete control and jurisdiction' [...]. The district court here erred in concluding that Guantanamo Bay was a &#8216;US territory'. We disagree that &#8216;control and jurisdiction' is equivalent to sovereignty &#187;. Argumentation d&#233;velopp&#233;e dans S. Hugenet, &lt;i&gt;Le droit de l'asile...&lt;/i&gt;, op. cit. La Cour Europ&#233;enne des Droits de l'Homme, quant &#224; elle, n'a jamais fait ce type de distinction : si la juridiction au sens de l'article 1 est reconnue, la convention s'applique.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb33&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh33&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 33&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;33&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Arr&#234;t du 18 d&#233;cembre 1996, &lt;i&gt;Loizidou c. Turquie&lt;/i&gt;, exceptions pr&#233;liminaires, n&#176;15318/89, &#167; 62&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb34&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh34&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 34&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;34&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Arr&#234;t &lt;i&gt;Drozd et Janousek c. France et Espagne&lt;/i&gt; du 26 juin 1992, n&#176; 12747/87, &#167; 9, repris dans &lt;i&gt;Loizidou&lt;/i&gt; exceptions pr&#233;liminaires, &#167; 62&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb35&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh35&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 35&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;35&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;i&gt;Loizidou&lt;/i&gt; exceptions pr&#233;liminaires, &#167; 62&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb36&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh36&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 36&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;36&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;D&#233;claration du 24 f&#233;vrier 1999 &#224; l'adresse de parlementaires fran&#231;ais, rapport&#233;e dans diff&#233;rents journaux marocains et cit&#233;e dans un livre de Abdelkrim Belguendouz, professeur &#224; la facult&#233; de droit de Rabat, au nom &#233;vocateur : &#171; Le Maroc non africain, gendarme de l'Europe ? &#187;, 2003, p. 51-52&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb37&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh37&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 37&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;37&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;D&#233;p&#234;che AFP du 2 janvier 2005, Immigration : Rabat doit accro&#238;tre sa coop&#233;ration, selon Madrid&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb38&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh38&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 38&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;38&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Abdelkrim Belguendouz, &#171; Le Maroc non africain, gendarme de l'Europe ? &#187;, p. 5&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb39&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh39&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 39&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;39&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Arr&#234;t du 10 mai 2001 Chypre c. Turquie, n&#176;25781/94&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb40&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh40&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 40&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;40&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Au &#167; 77 de l'arr&#234;t. En r&#233;alit&#233; l'arr&#234;t pr&#233;cise &#171; gr&#226;ce &#224; son soutien militaire et autre &#187;. Mais l'aspect militaire ou pas semble avoir bien peut d'importance, et la formule &#171; militaire et autre &#187; ne doit probablement pas &#234;tre comprise comme imposant au minimum un soutien militaire : lorsque 3 ans plus tard la Cour croit citer cet arr&#234;t Chypre c. Turquie dans sa d&#233;cision Ilascu, elle recopie &#171; qui survit gr&#226;ce &#224; son soutien militaire ou autre &#187;. D&#232;s lors on peut raisonnablement penser que ce qui compte aux yeux des juges, c'est le soutien apport&#233; &#224; l'Etat et non pas la forme qu'il prend.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb41&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh41&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 41&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;41&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Arr&#234;t du 8 juillet 2004, n&#176;48787/99&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb42&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh42&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 42&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;42&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Ilascu, &#167; 385&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb43&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh43&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 43&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;43&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;En l'esp&#232;ce, l'affaire Ilascu comporte un transfert de personnes arr&#234;t&#233;es par les autorit&#233;s russes en Transnistrie et remises aux autorit&#233;s transnistrienne. Ce n'est toutefois pas sur le transfert qu'insiste la Cour pour b&#226;tir son raisonnement.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb44&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh44&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 44&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;44&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Ilascu, &#167; 381&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb45&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh45&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 45&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;45&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&#167; 392&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb46&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh46&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 46&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;46&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&#167; 313&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb47&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh47&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 47&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;47&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;idem&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb48&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh48&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 48&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;48&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&#167; 384&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb49&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh49&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 49&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;49&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&#167; 393&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb50&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh50&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 50&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;50&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&#167; 394&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb51&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh51&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 51&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;51&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Human Rights Watch, qui a proc&#233;d&#233; &#224; une &#233;tude d&#233;taill&#233;e de l'accueil des demandeurs d'asile dans certains pays mentionn&#233;s par le projet britannique, r&#233;sume ses analyses aux pages 11 &#224; 17 de &lt;a href=&#034;http://www.hrw.org/backgrounder/refugees/uk/newvision.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;An Unjust &#171; Vision &#187; for Europe's Refugees&lt;/i&gt;&lt;/a&gt; Human Rights Watch Commentary on the U.K.'s &#171; New Vision &#187; Proposal for the Establishment of Refugee Processing Centers Abroad &#187; 17 juin 2003&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb52&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh52&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 52&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;52&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Migreurop, &lt;a href=&#034;http://www.migreurop.org/IMG/pdf/camps-fr.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Les camps d'&#233;trangers en Europe&lt;/a&gt;, 2005&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
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