<?xml
version="1.0" encoding="utf-8"?>
<rss version="2.0" 
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
>

<channel xml:lang="fr">
	<title>MIGREUROP</title>
	<link>https://migreurop.org/</link>
	<description>Migreurop est un r&#233;seau europ&#233;en et africain de militant&#183;e&#183;s et chercheur&#183;euse&#183;s dont l'objectif est de faire conna&#238;tre et de lutter contre la g&#233;n&#233;ralisation de l'enfermement des &#233;trangers et la multiplication des camps, dispositif au c&#339;ur de la politique d'externalisation de l'Union europ&#233;enne.</description>
	<language>fr</language>
	<generator>SPIP - www.spip.net</generator>
	<atom:link href="http://migreurop.org/spip.php?id_auteur=49&amp;page=backend" rel="self" type="application/rss+xml" />

	<image>
		<title>MIGREUROP</title>
		<url>http://migreurop.org/local/cache-vignettes/L144xH38/siteon0-bf17a.png?1717745172</url>
		<link>https://migreurop.org/</link>
		<height>38</height>
		<width>144</width>
	</image>



<item xml:lang="fr">
		<title>L'enfermement d'&#233;trangers en Europe</title>
		<link>http://migreurop.org/article487.html</link>
		<guid isPermaLink="true">http://migreurop.org/article487.html</guid>
		<dc:date>2003-05-31T22:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre-Arnaud Perrouty</dc:creator>


		<dc:subject>Allemagne</dc:subject>
		<dc:subject>Italie</dc:subject>
		<dc:subject>France</dc:subject>
		<dc:subject>Belgique</dc:subject>
		<dc:subject>Enfermement</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Les &#233;l&#233;ments de synth&#232;se qui suivent sont bas&#233;s sur des donn&#233;es recueillies sur cinq pays (France, Allemagne, Grande-Bretagne, Italie et Belgique) mais peuvent, dans une large mesure, &#234;tre &#233;tendus aux autres pays de l'UE.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="http://migreurop.org/rubrique466.html" rel="directory"&gt;Archives&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://migreurop.org/mot16.html" rel="tag"&gt;Allemagne&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://migreurop.org/mot20.html" rel="tag"&gt;Italie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://migreurop.org/mot21.html" rel="tag"&gt;France&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://migreurop.org/mot22.html" rel="tag"&gt;Belgique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://migreurop.org/mot169.html" rel="tag"&gt;Enfermement&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Les &#233;l&#233;ments de synth&#232;se qui suivent sont bas&#233;s sur des donn&#233;es recueillies sur cinq pays (France, Allemagne, Grande-Bretagne, Italie et Belgique) mais peuvent, dans une large mesure, &#234;tre &#233;tendus aux autres pays de l'UE.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Synth&#232;se pr&#233;sent&#233;e par Pierre-Arnaud Perrouty (MRAX) au colloque migreurop de Bruxelles les 25 et 26 juin 2003.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tous les Etats de l'UE proc&#232;dent, sous une forme ou une autre, &#224; la mise &#224; l'&#233;cart des &#233;trangers sur leur territoire. Cette mise &#224; l'&#233;cart peut prendre des formes diverses : camps sp&#233;cifiques, prisons ou simples locaux. Elle est &#233;galement pratiqu&#233;e sous des formes moins visibles, &#224; commencer par la politique de visas de l'UE qui aboutit &#224; maintenir &#224; l'&#233;cart (non plus sur mais) de son territoire une grande partie de la population mondiale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour ce qui est des lieux d'enfermement, deux distinctions peuvent &#234;tre op&#233;r&#233;es. La premi&#232;re distingue les centres ouverts des centres ferm&#233;s. Les centres d'accueil en Allemagne ou les centres ouverts en Belgique sont par exemple des lieux dont les personnes peuvent entrer et sortir. La distinction est &#233;videmment importante de leur point de vue mais ces centres proc&#232;dent en r&#233;alit&#233; d'une m&#234;me logique de contr&#244;le et de mise &#224; l'&#233;cart que les centres ferm&#233;s. Ainsi dans les centres de r&#233;ception en Allemagne, la libert&#233; d'aller et venir des personnes est limit&#233;e &#224; une certaine zone g&#233;ographique. En Belgique, le gouvernement proc&#232;de &#224; des &#233;loignements au d&#233;part de centres ouverts. Du point de vue de l'Etat, cette distinction n'est donc peut-&#234;tre pas r&#233;ellement d&#233;terminante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La seconde distingue les camps &#224; l'int&#233;rieur de ceux &#224; l'ext&#233;rieur des fronti&#232;res de l'UE. Si aucune d&#233;cision n'a &#233;t&#233; prise &#224; l'&#233;chelle europ&#233;enne au dernier Conseil, on sait que la question de l'externalisation du traitement des demandes d'asile et de l'enfermement hors des fronti&#232;res reviendra tr&#232;s prochainement sur la table.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parmi les camps ferm&#233;s situ&#233;s &#224; l'int&#233;rieur des fronti&#232;res, on peut globalement en distinguer 3 types, en fonction de la situation des personnes qui s'y trouvent :&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; les &lt;i&gt;camps d'attente&lt;/i&gt; o&#249; les personnes sont d&#233;tenues dans l'attente d'un examen de leur situation et d'une &#233;ventuelle admission sur le territoire (ex : les zones d'attente en France, le centre 127 en Belgique) ;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; les &lt;i&gt;camps de d&#233;tention&lt;/i&gt; visant des personnes d&#233;j&#224; entr&#233;es sur le territoire (ex : les centres de d&#233;tention en Grande-Bretagne) ;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; les &lt;i&gt;camps d'&#233;loignement&lt;/i&gt; o&#249; les personnes sont d&#233;tenues en vue de leur expulsion (ex : centres ferm&#233;s en Belgique, de r&#233;tention en France, de d&#233;tention en Allemagne).&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;Cette typologie pr&#233;sente cependant des limites importantes :&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; des camps se situent &#224; cheval sur plusieurs types (ex : les centres de d&#233;tention en Grande-Bretagne, les centres de s&#233;jour temporaire en Italie) ;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; &#224; l'inverse, il existe des cas atypiques. Le camp de Sangatte en France par exemple, fruit d'un accord dans l'urgence entre l'Etat et la Croix-Rouge en 1999, relevait d'une logique &#224; la fois humanitaire et polici&#232;re. Autre exemple, les centres de d&#233;part allemands (&lt;i&gt;Ausreisezentren&lt;/i&gt;) qui accueillent des demandeurs d'asile - d&#233;bout&#233;s mais in&#233;loignables - encourag&#233;s au &#171; d&#233;part volontaire &#187;.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; outre les camps, il existe d'autres lieux d'enfermement d'&#233;trangers : les prisons (notamment en France, en Grande-Bretagne et en Belgique) et les locaux de r&#233;tention, peu ou pas visibles, peu connus et tr&#232;s difficiles d'acc&#232;s.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;Les r&#233;gimes des centres d'enfermement pr&#233;sentent des diff&#233;rences importantes. Les dur&#233;es l&#233;gales de d&#233;tention sont tr&#232;s variables : la France vient de porter la dur&#233;e de r&#233;tention de 12 &#224; 32 jours ; 60 jours en Italie ; 5 mois (extensibles &#224; 8) en Belgique ; pas de limite en Grande-Bretagne. Les dur&#233;es moyennes varient tout autant : 5 jours en France ; 26 &#224; 32 jours en Belgique ; entre 1 et 4 mois dans 65 % des cas en Grande-Bretagne. Les conditions mat&#233;rielles varient elles aussi consid&#233;rablement : logements, sanitaires, nourriture, activit&#233;s, visites, possibilit&#233; de t&#233;l&#233;phoner, acc&#232;s &#224; l'air libre, etc. Beaucoup de centres ne pr&#233;voient aucun am&#233;nagement pour les mineurs non-accompagn&#233;s. Parfois, des centres d'accueil sp&#233;cifiques sont cr&#233;&#233;s (dans certains L&#228;nder allemands). Plusieurs pays sont par ailleurs sur le point de se doter d'un syst&#232;me de tutelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut relever deux tendances communes dans la gestion de ces centres. D'une part, la volont&#233; affich&#233;e de nombreux gouvernements d'augmenter le nombre de places dites &#171; d'accueil &#187; (en attestent les r&#233;centes d&#233;clarations des gouvernements italien, fran&#231;ais et belge). D'autre part, on assiste &#224; une d&#233;l&#233;gation croissante de la gestion des centres &#224; des entreprises priv&#233;es. C'est d&#233;j&#224; largement le cas en Grande-Bretagne et en Italie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, les camps d'enfermements d'&#233;trangers en Europe pr&#233;sentent d'importants traits communs en termes d'efficacit&#233;, d'objectifs annonc&#233;s et d'objectifs r&#233;els.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'efficacit&#233; des centres d'&#233;loignement se situe entre 40 et 60 % (par efficacit&#233;, on entend le nombre de personnes effectivement &#233;loign&#233;es par rapport au nombre de personnes enferm&#233;es en vue de leur &#233;loignement). En d'autres termes, une efficacit&#233; assez faible pour un co&#251;t op&#233;rationnel &#233;norme. Avec une cons&#233;quence importante pas assez soulign&#233;e : la fabrication de clandestins, constitu&#233;s pour partie de ceux qui finissent par &#234;tre lib&#233;r&#233;s parce qu'in&#233;loignables et de ceux qui, &#233;loign&#233;s, reviennent dans le pays o&#249; ils ont leurs attaches ou un travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec une efficacit&#233; aussi r&#233;duite, la port&#233;e r&#233;elle de ces camps se situe beaucoup plus dans l'ordre symbolique. Il s'agit en r&#233;alit&#233; d'envoyer un double signal. D'une part aux candidats-migrants (le &#171; signal fort &#187;) &#224; qui on esp&#232;re signifier que la politique de lutte contre l'immigration clandestine (enfermement-&#233;loignement) sera poursuivie avec fermet&#233; (&#171; voyez ce qui vous attend &#187;). D'autre part aux opinions publiques internes &#224; qui on esp&#232;re d&#233;montrer que le probl&#232;me est pris au s&#233;rieux (&#171; voyez, on s'en occupe &#187;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au-del&#224; d'une double port&#233;e symbolique, l'existence de ces camps rencontre aussi des objectifs moins avouables. D'abord rendre moins visible ce qui g&#234;ne : mettre &#224; l'&#233;cart des personnes qui symbolisent les contradictions d'un syst&#232;me et l'absence patente de r&#233;flexion politique de fond sur le droit de se d&#233;placer. L'exemple de Sangatte est particuli&#232;rement &#233;clairant de ce point de vue. Ensuite se d&#233;barrasser opportun&#233;ment d'une charge encombrante - financi&#232;rement mais surtout politiquement - pour le tr&#233;sor public : qu'une personne soit effectivement &#233;loign&#233;e ou pouss&#233;e &#224; la clandestinit&#233;, il n'y a en effet plus d'aide sociale &#224; payer.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>



</channel>

</rss>
