Pour une Méditerranée des luttes

Manifestation le 5 juillet 2008 à Paris

| publié le 25 juin 2008 |

Samedi 5 juillet 2008

Manifestation 14h30 à Paris, M° Place de clichy

Concert-meeting (entrée libre)

Avec notamment Mohamed Bahr, Fred Alpi, Kalash (sous réserve) et des interventions de militants syndicalistes et associatifs tunisiens, marocains, palestiniens, etc.

18 heures à la CIP-IDF M° Corentin-Cariou, 14/16 quai de la Charente

Loin d’être novatrice, l’Union pour la Méditerranée se place en réalité dans la droite ligne du processus de Barcelone lancé en novembre 1995 par l’Union européenne (UE), et est présentée par Bernard Kouchner, ministre français des Affaires étrangères, comme « un coup de jeune du Processus de Barcelone ». Tous les pays de l’UE y sont invités ainsi que 11 États du Sud et de l’Est de la Méditerranée (Maroc, Algérie, Tunisie, Égypte, Israël, Jordanie, Liban, Syrie, Turquie, Albanie et Mauritanie) et l’Autorité palestinienne, qui n’a pas de souveraineté.

Inquiétant lorsque l’on connaît le contenu de ce processus et ses conséquences. Car si la « coopération » euro méditerranéenne a bien des finalités, elles sont d’une banalité peu surprenante. Économiques tout d’abord, avec la construction d’un espace de libre-échange et de libéralisation du marché d’ici 2010. Celle-ci se concrétise par des privatisations et dans la suite logique par la prise en main des entreprises par des groupes capitalistes du Nord. Une politique qui a bien entendu des conséquences sociales dramatiques : licenciements, augmentation des inégalités avec le développement de bourgeoisies locales quand les peuples restent dans la misère (difficultés d’accès aux droits fondamentaux - soins, alimentation, travail, logement, éducation, etc. -, hausse des prix, etc.). Le ministère français des affaires étrangères le dit très clairement sur son site Internet, au sujet des relations entre la France et le Maghreb : « Les pays du Maghreb (Libye, Tunisie, Algérie, Maroc, Mauritanie) [constituent] un marché et un partenaire économique : nous sommes le premier fournisseur de la Tunisie, de l’Algérie et du Maroc. L’ensemble du Maghreb ouvre de bonnes perspectives d’avenir : réformes, privatisations, grands chantiers et nouveaux marchés lié à la modernisation ».

Les enjeux sont aussi « sécuritaires », à travers notamment les prétendues luttes contre le terrorisme et la corruption. Inefficiente pour la seconde, car trop d’intérêts sont en jeu et que la corruption est érigée en véritable mode de gouvernance, elles sont utilisées comme argument pour jeter des militants, notamment des jeunes, en prison. En effet, les atteintes aux droits humains, la torture, la répression des opposants, le musellement des libertés d’association et de presse, la mise en place de législations liberticides d’exception sont le lot quotidien des populations du sud de la Méditerranée. Et bien sûr, derrière le mot sécuritaire se profile le sujet de l’immigration. Parce que cet espace méditerranéen est aussi celui d’une maîtrise accrue, violente et meurtrière des migrations : moyens de contrôle et répression (notamment maritimes) renforcés, sous-traitance de la gestion des flux migratoires aux pays de premières frontières extérieures (Maroc, Algérie, Libye et Mauritanie notamment) pour empêcher l’arrivée sur le territoire européen des populations africaines. La libre circulation, c’est bon pour les capitaux et les patrons, pas pour les êtres humains, notamment les plus pauvres... Citons encore une fois le ministère français des Affaires étrangères : « Nous partageons avec ces pays une proximité culturelle et des enjeux communs : liens avec la France et avec l’UE, défi de la mondialisation, pression islamiste, pression migratoire (comme pays d’émigration et, de plus en plus, comme pays de transit), terrorisme (notamment comme cibles). » Et toutes ces formes de répression sont également utilisées contre les mouvements sociaux : droit syndical bafoué, licenciement et même arrestation des militants (détenus du 1er Mai au Maroc, par exemple), bien loin du prétendu respect et renforcement des droits de l’homme que l’espace euroméditerranéen est censé développer et que le processus de Barcelone estime mettre en avant.

Enfin, cette nouvelle Union serait censée développer la paix... Mais sur quels fondements ? Sur celui du statu quo, comme cela semble être le cas jusqu’à présent, ou sur celui de la fin des colonialismes et des dominations de type impérialiste du Nord sur le Sud, d’Israël sur la Palestine, la Syrie et le Liban ; mais aussi entre pays du Sud ou du Nord, bref sur le respect des droits des peuples à disposer d’eux-mêmes ? D’autant plus que cette Union pour la Méditerranée vise aussi à avaliser le fait colonial israélien et à fermer la porte de l’Union européenne à la Turquie.

Parce que cette « nouvelle union » est un outil au service des puissants et de leurs intérêts nous appelons à la construction d’une union méditerranéenne des peuples et des luttes pour :

• le respect des droits humains et le développement des libertés fondamentales, notamment en terme de droit syndical et de libertés de presse, d’expression et d’organisation ;

• la libération de tous les détenus d’opinion, l’arrêt de la torture, la fin des régimes d’exception et de terreur et le droit de tout un chacun de pouvoir se défendre juridiquement ;

• l’arrêt des politiques économiques de privatisation des services publics et d’attaque des droits sociaux des travailleurs ;

• la libre circulation des personnes, la fermeture des lieux d’enfermement et l’annulation de tous les accords de lutte contre les migrations ;

• la décolonisation effective, politique, sociale, culturelle et économique ;

• le droit au retour des réfugiés ;

• le respect de toutes les cultures.

Association des Marocains en France (AMF), Association des Palestiniens en France (APF), Association des Tunisiens en France (ATF), Association des travailleurs maghrébins de France (ATMF), Attac, Campagne civile internationale pour la protection du peuple palestinien (CCIPPP), Cedetim, Confédération nationale du travail (CNT), FACS, Fédération des Tunisiens citoyens des deux rives (FTCR), Génération Palestine, Union générale des étudiants palestiniens (GUPS-France), Justice sociale pour les quartiers  !, Migreurop, Mouvement des Indigènes de la République (MIR), Rassemblement des associations citoyennes des originaires de Turquie (RACORT), Sierra Maestra, Union juive française pour la paix (UJFP), Union des travailleurs immigrés tunisiens (UTIT), Union syndicale Solidaires, Association Voix démocratique France.

Documents associés

Document associé

| taille : 1.1 Mo

 

 

- Accueil du site
- Le réseau Migreurop
- Cartes des camps
Textes fondateurs
- Analyses
- Communiqués
Observatoire des frontières
- Campagne « Droit de regard dans les lieux d’enfermement »
- Campagne « Non aux accords d’expulsion »
Politiques et enjeux par pays
Union Européenne
Belgique
- graves incidents au centre de Vottem (nov 2006)
- suicide après une tentative d’expulsion
Espagne
- Analyses, rapports
- Le dispositif espagnol de surveillance et d’enfermement
Archives Espagne
Canaries
- info canaries
- Centros de Internamiento de Extranjeros (CIE)
- Ceuta et Melilla
Enjeux / Données
- Expulsions/Déportations
- Flux migratoires
- Politiques de lutte contre les migrations
- Repercussions Economiques
- Externalisation
France
- mouvements dans les centres de rétention français dec 2007 - juin 2008
- Analyses
Italie
- Le procès des pêcheurs tunisiens
Lampedusa
- Lampedusa, les expulsions s’amplifient (Mars 2005)
- Expulsions de masse vers la Libye (oct. 2004)
- Cap Anamur et Zuiderdiep
- Analyses, rapports
Archives Italie
- Camps
- Externalisation
- Lampedusa
Malte
Archives Malte
- Malta - UE
- Malta et "les clandestins"
- Chypre
Grèce
- archives Grèce
Royaume-Uni
Archives Royaume-Uni
- Autres questions
- Politiques de contrôle à l’immigration
- Questions d’asile
Maghreb
- Algérie
- Libye
Maroc
Rafles et expulsions au Maroc
- Le naufrage de Al Houceima-nuit du 28 au 29 avril 2008
- Afrique
- Australie
- Le livre noir de Ceuta et Melilla
Externalisation de l’asile
- Le projet anglais (mars 2003)
- Kofi Annan dénonce la politique d’asile européenne
- Été 2004, initiative italo-allemande
HCR et « Convention Plus »
- « Convention Plus »
- La réinstallation des réfugiés
- Charters communautaires
Rencontres et initiatives
- Campagne européenne no-camps (2004)
colloques migreurop
- Séminaire Bruxelles 5-6/2/03
- Colloque Bruxelles 25-26/6/03
- Séville 20-21 juin 2005
Forums Sociaux
- Forums sociaux européens
- Forums sociaux méditerranéens
Forums sociaux mondiaux
- Forum Social Mondial de Bamako janvier 2006
- Rencontres antiracistes de Cecina
Ressources, sites
- ressources européennes
La liste migreurop
- synthèses mensuelles de la liste migreurop